Je le reconnais entre mille . IL a une marque rouge sur la joue droite. Il paraît que c’est la faute à sa mère qui a eu le malheur de poser sa main sur sa joue alors qu’elle était enceinte de lui. C’est un ancien camarade de classe . On s’était perdu de vue depuis 15 ans .
Lui par contre il a du mal à se souvenir de moi. Je ne brillais pas particulièrement en classe et je n’ai pas de signe particulier . Ce qui brouille le plus les cartes pour lui c’est que j’ai beaucoup changé moi. J’ai évolué physiquement et pas dans le bons sens. De chétif je suis passé à bedaineux , je n’ai plus beaucoup de cheveux , il me manque pas mal de dents et je porte des lunettes de vue avec des verres très épais . C’est vrai que je ne suis pas bien servi par la nature mais je me console en me disant heureusement que je suis « homme » . Vous m’imaginez en femme ? L’horreur.
_ Je le fixe. C’est pas l’Baroudi ?
_Wah sahbi . On s’connaît ?
_Tu t’souviens pas de moi ? Je suis Kadirou . On était ensemble au lycée...
J’ai fini par le convaincre . ça n’a pas été facile pour lui . Je le comprends.
_Ah mais c’est toi ! comment vas-tu h'bibi ? ton âme est longue ! sobhanallah on parlait de toi avec Wari il n’y a pas si longtemps .
_Hambouk, chkoun wari ?
_Notre wari ! tu l’connais pas ? Wari le buveur d’encre.
_Ah ! dis-moi « Wari » . Mais oui Wari, comment j’ai pu l’oublier lui ! Alors qu’est-ce qu’il devient ?
_ ........., ........ ., ..........................................., ......................................
Après quelques échanges sur nos « perdus de vue » on se décide à prendre place sur la terrasse du café « Au bon vieux temps ».
Deux cafés bien serrés et deux verres d’eau glacés pour arroser mes retrouvailles avec l’Baroudi .
A peine servis que le portable de Baroudi sonne .
_Smahli une minute Kadirou .
_Mais je t’en prie l’Baroudi.
Fin de la conversation téléphonique une demi-heure après.
_Tu m’excuseras c’était pour les affaires .
_C’est normal l’Baroudi , c’est normal .
_Le café est froid ! s’étonna- t-il . Et il enchaîne: alors je te disais …
Il n’a pas eu le temps de terminer sa phrase que son portable se met à sonner une deuxième fois.
_Allô! oui! Fatiha ?…..
Tu m' la f'ras pas une seconde fois . Adieu l’Baroudi .
