Dimanche 27 Avril 2008

Il est 5h du matin lorsque deux mecs louches habillés à la « Starsky et Hutch » se faisant passer pour des policiers en civil viennent cueillir Abou Zaâtar chez sa mère. L'un des deux types, un grand chauve baraqué genre convoyeur de fonds chez K.bank , l'extirpe de son lit par le collet .
Vêtu d'un pyjama à rayures jaunes et noires et d'un bonnet d'hiver, Abou Zaâtar sortirait tout droit d'une BD des « Dalton en cavale » . Ses bourreaux sont morts de rire.
Abou Zaâtar mettrait sa main sur les feux de l'amour, pardon de l'enfer que c'est « Huggy », un ancien proxo repenti, qui l'a vendu aux deux molosses. C'était finalement un indic' weld el hram. Il jura de lancer contre lui une fatwa depuis sa cellule.
Encagoulé par son propre bonnet, pieds et poings liés Abou Zaâtar est jeté sans ménagement tel un mouton de l'aïd dans le coffre d'une voiture banalisée.
Démarrage en trombe, crissement des pneus la voiture disparaît dans le noir pour une destination inconnue. On ne reverra pas de sitôt Abou Zaâtar.
Entre-temps, sa pauvre mère khalti Messaouda, qui n'est plus jeune, remua ciel et terre pour retrouver sa trace.
Elle frappa aux portes des prisons, contacta les droits de l'homme à qui elle fourni un épais dossier, monta l'association de parents de disparus. Elle battra pas mal le pavé brandissant la photo de son fils. Elle fit même les morgues . Walou , pas le moindre poil de barbe d'Abou Zaâtar .
La pravda parle du bout des lèvres de l'histoire de khalti Messaouda. Tout juste un petit article gentil pour faire glasnost . Surtout pas de vagues insiste-t-on dans les rédactions.
Mais penser que l'affaire allait s'arrêter là, c'est méconnaître le personnage.
La presse étrangère s'en mêle. Khalti Messaouda fait le prime time des journaux télévisés. Et sur le câble s'il vous plaît !
Cela embarrasse au plus haut niveau le polit bureau .
Les nostalgiques du « bon vieux temps » verront dans son action une conspiration orchestrée par les « ennemis de l'extérieur ».
Ordre est donné de « faire taire cette folle » .
Elle est dans les locaux de la DGSE, un vieux bâtiment amianté genre hôtel pour émigrés à la « rue Thibanault » avec eau et gaz à tous les étages. Elle patienta toute une matinée dans une pièce sordide et mal éclairée située au deuxième sous-sol du bâtiment . Le mobilier est soft. Une table, une machine à écrire , un fauteuil et une chaise en plastique. La peinture aux murs et au plafond est écaillée.
La personne chargée de la cuisiner est une dame froide comme de la glace, aigrie et moche comme un poux. En un mot elle a la tête de l'emploi. Ses collègues la surnomment Condoleeza Rice. Condy pour les intimes.
Mais El hadja n'est pas femme à se laisser intimider ou berner et elle est décidée à faire du bruit .
La couler dans le béton ou la dissoudre dans l'acide ferait d'elle une martyr et ça on n'en veut pas. Et puis par les temps qui courent on risque de se faire rattraper par son passé et voir ses vacances à l'étranger se terminer devant le tribunal pénal international .
En devenant vedette el hadja échappa à une mort certaine. Les médias étrangers, friands d’histoires à la Bellemare, se frottent les mains car l’audimat explose à chacun de ses passages sur les plateaux TV. Elle fait les couvertures de la presse people .Elle est élue «femme de l’année» par la presse féminine. Elle fait un tabac chez Bernard Pivot et son livre « aâtoni weldi » se vend comme de la calentica de chez Chergui . On la surnomme mère Térésa des disparus. L’Unesco a failli la charger d’une mission internationale sur les disparus mais Kofi Annan laissa tomber au dernier moment sous les pressions politiques exercées sur lui . Faut pas déconner, Annan compte bien avoir une retraite complète.
Khalti Messaouda rentre en dissidence . Interpol met à sa disposition une garde rapprochée , encore plus rapprochée que celle de Salman Rushdie face à la fatwa de Khomeiny. Dans les deux cas c'est la célébrité assurée.
L'autre possibilité pour Elhadja de devenir célèbre était de passer à la star'ac . Mais là faut pas rêver ! Malgré tout le respect que je dois à khalti Messaouda, c'est pas possible.
Des années plus tard, Abou Zaâtar est relâché sans jamais être jugé. Sa mise au frais reste un mystère. Abou Zaâtar est-il ange ou démon ? Les spéculations sur son arrestation vont bon train, des plus invraisemblables aux plus farfelues.
Il serait un agent de la CIA ayant infiltré les barbus et qui a été démasqué. Son enlèvement aurait été organisé pour échapper à une fatwa de l'émir.
Un autre bruit court à propos de son passé. Abou Zaâtar aurait été un sous-traitant d'Elqaïda en permission chez sa mère lorsque Scotland Yard l'a appréhendé. Le bruit dit aussi que c'est capitaine Crochet en personne qui l'aurait donné. Crochet devait fournir des tuyaux à la police de sa majesté et en contre partie il n'était pas extradé vers l'Egypte où Moubarek l'attend pour le décapiter. Abou Crochet a déjà donné un bras et un oeil à la bonne cause mais la tête il n'en a qu'une et il tient à la garder.
D'autres encore disent qu'Abou Zaâtar était un baron de la drogue chargé d'inonder les planètes Mars et Lune avec de la coke Colombienne et c'est la brigade des stups qui lui a mis le grappin dessus. Les témoins de l'enlèvement, des fidèles qui regagnaient la mosquée pour la prière du fajr ce matin là, sont tous d'accord pour dire que le véhicule qui avait embarqué Abou Zaâtar était trés trés spécial. Ils disent avoir vu les roues de l'engin tourner très trés vite sur place, ensuite un trés trés grand nuage de poussière puis plus de véhicule. Haja Ghariba, Soubhanallah !
Et voilà tout s'explique. La voiture ce n'était donc pas une voiture mais un OVNI !
C'est fort possible que cette dernière version soit la plus plausible surtout si c'est les fidèles qui le disent . Personne ne peut affirmer, la main sur le Coran, que les extra-terrestres n'existent pas et à fortiori ils ne se shooteraient pas. Donc tout est cohérent. C'était fort comme montage au point où même l'inspecteur Gadget aurait merdé sur ce coup- ci .
Mais en vérité ,on saura jamais pourquoi Abou Zaâtar est tombé .
Sa mère est morte de chagrin pendant son absence. La rue dit qu' «on» l'a empoisonné. Pour le porte-parole du gouvernement qui dément catégoriquement la thèse de l'empoisonnement, l'autopsie pratiquée sur le corps de la défunte révèle une marque , la lettre B, faite de la pointe d'une épée.
Cela blanchit automatiquement les services de l'état puisque " B " veut dire Barbus.
Selon les autorités judiciaires, la police aurait mis la main sur l'assassin, un certain Kitiki.
Désormais Elhadja repose en paix, comme elle l'avait toujours souhaité de son vivant, à coté de son cher époux parti voilà bien longtemps. Que Dieu puisse l'accueillir dans son firdaws. L'association a un nom maintenant c'est Hadja Messaouda, en mémoire de khalti Messaouda que Dieu ait son âme.

publié par kder dans: Raison d'état
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Commentaires

Paix à son âme !!


Franchement Kder, chapeau !! Je ne sais pas à quoi tu te dopes, mais point de vu inspiration c'est balaise ce que tu nous as sorti !!


A la prochaine l'ami

Commentaire n° 1 posté par: Stan(site web) le 28/04/2008 - 01:25:17

Merci pour le compliment l'ami. Je suis tout rouge.

Faut t'avouer une chose aussi , ces derniers articles sont en quelque sorte une compilation d'articles datant de quelques mois.

C'est en quelque sorte le baroud final. 

réponse de: kder (site web) le 29/04/2008 - 08:28:42
C'est un n'importe quoi très agréable à lire, pas très loin de ce que vit le Bled d'ailleurs, à peine exagéré.
Commentaire n° 2 posté par: Tarik(site web) le 28/04/2008 - 19:21:42

La déconne , quoique à peine exagérée, agit comme une soupape de sécurité  face aux abus et à la hogra qui sévissent au bled.

Merci pour ton com l'ami. 

réponse de: kder (site web) le 29/04/2008 - 08:37:27
Rien que le début je suis morte de rire !
Commentaire n° 3 posté par: Néophyte le 02/05/2008 - 11:58:29

Je ne sais que dire Kder je suis encore toute ébouriffée...


Pas un seul instant de répit , j'en ai le souffle coupée. Tout simplement j'adore !

Commentaire n° 4 posté par: Néophyte le 02/05/2008 - 12:10:26
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Texte libre

"Il est plus facile de rencontrer les chefs de la maison blanche ou du Kremlin qu'un wali algérien" dixit  Boutef.

Sans blague:( Presse algérienne)

Le maire de la commune de Azil Abdelkader, daïra d’El-Djazar, a été condamné, la semaine dernière, à une peine de 03 ans de prison ferme et une amende de 50 millions de centimes pour faux et usage de faux, dilapidation de deniers public...à noter, selon notre source, que le maire de cette commune a été remplacé par un membre de l’assemblée qui a été, lui aussi, condamné la semaine dernière à une peine de 03 ans de prison ferme et d’une amende de 2.000 DA par le tribunal de Barika, suite à une plainte déposée, auparavant, par le maire qu’il remplace.( le courrier d'algérie)

 

 

-"C’est le 11ème maire de la wilaya de Mascara, qui est ainsi suspendu et traduit en justice, après celui de Bouhanifia (2 ans ferme), de Tizi (5 ans ferme), de Bordj, Hachem, Bouhenni,Tighennif, Mohammadia, Mocta- Douz, Maoussa.". (Echo d'Oran 28/10/07)

 « investir
dans l’immatériel en faveur
des jeunes ne demande pas
beaucoup de moyens
».
Dahou Ould Kablia, ministre délégué au sport   (Q.O 24/10/07)

 

 

 

-" ...allant jusqu’à faire profiter même
les morts et les militaires des
primes du filet social,
sans pour
cela occuper réellement les postes
."( Echo d'Oran 28/10/07)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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