Mohamed est le produit de plusieurs réformes. Et de leurs échecs successifs. A plus de 50 élèves par classe, c’était pas triste. Il me racontait de ces histoires ! Ça va de la mouâllima qui se fait gifler en plein cours jusqu’à ce mouâllim qui perd connaissance suite à un coup de boule. Par peur de représailles plus que par solidarité, aucun tilmid ne témoignera. Les fouteurs de merde sont généralement des camés. Ils deviennent violents lorsqu’ils sont en manque. Racket, copiage Sinon le reste du temps ils sont tout sourire . Des élèves exemplaires.
Pour remplacer la mouâllima traumatisée par la claque , on a du faire appel à pas moins de 3 ou 4 contractuels. Ils déclarèrent tous forfait.
La bande de petits malins shootés n’avait pas trouvé mieux à faire que de réserver au pauvre contractuel une ambiance digne du stade de France un jour de finale France /Brésil. Le contractuel débarque dans la salle , les élèves se lèvent rangée après rangée tout en scandant le Holà. Ça durait et ça durait et ça durait. Evidemment le contractuel jette l’éponge dés la prise de contact. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, il est carrément viré de l’éducation nationale parce qu’il a osé manifester pour son pouvoir d’achat.
Mohamed, les garages et les caves d’immeubles il connaît pour y avoir passé tout le temps qu’il n’est pas au lycée. Ses profs y donnent des cours privés. Bien obligés. Comme tous les autres fonctionnaires de l’état, ils connaissent des fins de mois difficiles dés le début du mois. Ça coûte cher à ses parents mais le bac est à ce prix là. Bientôt les cours privés seront aussi surchargés qu’à la thanaouia. Les profs mettent en avant le taux de réussite élevé chez les cavistes et la garantie que les cours continuent même pendant les grèves.