Entre deux prières et sur ordonnance de l’imam , des fidèles pistent la jeune femme. Elle aurait 40 ans et une belle silhouette se dessine à travers sa djellaba. Non, c’est important pour la suite de l’histoire de souligner les avantages physiques de la mendiante.
Dans leur rapport au fonctionnaire de l’état , les fidèles n’omettent aucun détail. Même le temps y est consigné. La jeune femme quitterait à heure fixe, entre le dohr et la 3icha, son lieu de travail laissant son fils sur le parvis de la mosquée. Au bout de la rue une voiture l’attend. Elle s’engouffre dedans. La voiture prend la direction des chalets.
Pour rappel ces chalets servent de refuge aux sinistrés du dernier séisme qui a frappé la ville de Boumerdès. Pour rappel encore et j’arrête avec les rappels , les constructions détruites par le séisme étaient entachées d’irrégularités : cahier de charges non respecté, la structure du rez de chaussée affaiblie suite aux transformations pour un usage commercial nécessitant l’abattement des murs porteurs.
Ça n’a aucun rapport avec l’histoire originelle pour ne pas dire le péché originel, Ha ha ! j'en vois qui s’impatientent, mais je tiens quand même à clarifier l’expression barbare ‘cahier de charges non respecté’. En termes simples cela veut dire que des gens , bureaux d’études, entrepreneurs, mairie, ettek ettek, s’étaient tous servis dans l’enveloppe financière réservée aux constructions de la cité maudite. Alors forcément la marchandise manquait mais qu’à cela ne tienne , on fera des économies sur le dosage du béton, sur le volume des piliers… A la première secousse la cité s’effondra comme un château de cartes.
La voiture incriminée se gara devant le chalet n° X de l’allée Z . Désolé de garder inconnue l’adresse, protection de la vie privée oblige. Un couple, un barbu et une femme en djellaba soulignant des formes dignes d’une pub pour un yaourt 0% , descend de la voiture et prend possession des lieux. On ne saura pas le reste .
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