Ce matin là, le petit Omar ne retrouve pas sa peluche. Pas question donc pour lui d’aller colorier tant qu’il n’a pas mis la main dessus. Un avis de recherche est lancé, la maison est fouillée de fond en comble. Aucune piste n’est privilégiée.
L’espoir de retrouver chifounette s’amenuise au fur et à mesure que le temps passe tandis que la crise de pleurs est de plus en plus aiguë. Les parents sont désemparés face à cette situation. La mère est convaincue que son fils est victime du mauvais œil , et contre ça elle a sa recette miracle.
Elle crame un morceau de chebb dans un brasero . Et là, que voit-elle ? Le cristal en forme d’un œil ! C’était donc ça , le mauvais œil .
La théorie du mauvais œil trouve ses limites cette fois-ci car petit Omar ne se calme toujours pas.
Il doit y avoir forcément quelque chose d’autre en dehors de « l’œil ». Le petit se tortille dans tous les sens tout en marmonnant entre deux sanglots : Mohammed ! Mohammed !
Y aurait-il un rapport entre Nounours et Mohammed, le prophète qsssl ? Mystère, mystère.
Le comité des Oulémas , sorte de police qui veille à la morale religieuse , dessaisit les parents de l’affaire et mène sa propre enquête.
L’agenda du petit est épluché et les personnes qui l’ont approché sont interrogées . Les grands parents, la tante, l’oncle , les cousins sont blanchis . Leur bonne moralité plaide pour eux ; l’imam leur fournit un certificat d’assiduité à la prière du vendredi. L’enquête s’oriente vers l’école. Mais c’est bien sûr ! On aurait pu y penser dés le début de l’enquête. Cette école, on ne cesse de le répéter au comité, est un repaire de mécréants et autres apostats. L’affaire de l’Arche de Zoé est encore présente dans tous les esprits.
