Mon bof est un petit fonctionnaire . Il n'est pas tout jeune. Bientôt il sera à la retraite. Il avait des opportunités pour s'enrichir mais il n'avait jamais voulu rentrer elhram chez lui. Ma soeur lui en veut . Dans la famille on le traite de khawwaf. Il a beau serrer la ceinture, sa maison dont la construction a démarré il y a 25ans , l'âge de son fils Mohamed maintenant, a encore la ferraille des piliers qui dépasse. En attendant , le premier étage est une terrasse de 200m² qui sert de poulailler clandestin et de sèche-linge . Ah oui j'allais oublier, sa terrasse abrite aussi une grande parabole motorisée ! C'est que mon bof part du principe que tout ce que raconte l'Unique est du pipo . Pour lui il y a que la date qui soit vraie chez l'ENTV . J'arrête de dévoiler sa vie privée, c'est pas pour ça que je te parle de mon bof. Non le sujet c'est pas ça. L'idée d'article au départ c'est « la délinquance en col blanc ». Je me lance.
Comme tout fonctionnaire d'état mon bof traîne les pieds pour rejoindre son bureau. C'est doucement le matin pas si vite le soir. Comme on dit chez nous, l'état fait semblant de payer et les gens font semblant de travailler.
Au travail ça lui arrive d'être très chaleureux avec certains clients.Des clients privilégiés. " Ahlen si l'hadj , comment vas-tu khouya, et la petite famille ça va ?... " lance-t-il au client, un père de 7 enfants (petite famille !) qu'il venait de voir la veille. Le client, très enchanté par l'accueil, traîne mon bof au café « le bureau ». Il est 10 h.
Une pause-café ça se refuse pas surtout si c'est un pain beurré avec du rayeb et un casse-croûte de calentica. Un bon rot, un hamdoullah et retour au bureau une bonne heure après . Ah,quand même !
Dans la salle d'attente des clients , apparemment mécontents, font la moue mais ne vont pas jusqu'à dire le fond de leur pensée par peur de « représailles ». Mon bof peut être salaud et dire makech .
Un client ose quand même braver la tyrannie ambiante en allumant une clope. Le vigile , un grand baraqué au crâne rasé, lui ordonne de l'écraser sine die . Le client, un chétif, s'éxécuta sans réchigner devant le molosse. " Mamnouâ ettedkhin " c'est marqué sur la porte.
Mon bof aime lire son journal au bureau. Sa rubrique préférée c'est les scandales financiers dans les entreprises publiques. Ça y est cette fois-ci je suis en plein dans mon sujet. Il vient de m'envoyer un mèl avec en pièce jointe l'article sur une affaire de détournement de deniers publics dans une entreprise d'état.
Bof , c'est la routine dans les tribunaux comme dirait l'autre. Mais moi ça m'intéresse de la raconter parce que je lui trouve ce côté "culotté" qui est en même temps léger et à la limite je dirai naïf. C'est l'histoire d'un moudir d'une charika gadra amoureux de 4x4 et dont la femme a un faible pour les bijouteries d'Abou Dhabi et autres magasins de luxe en Europe.
Bon là je m'arrête pour raison de panne de paupières, j'y reviendrai dans le prochain article.
Commentaires
no comment bien narré l'histoire:
je complète juste le dicton
"bled mikki oué 'ddhekhla bettikki" lol lol
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH
quand mes paupieres se sont bien ouvert, toi tu t'arrete, vivement la suite.

Il s'arrete quand ça devient interssant...
Pour ses rubriques préférées je m'attendais à celle sur le sport ! Si c'était une femme j'aurais dit l'horoscope! mais là, je suis déçue...
à bientôt.