Le générique, à ne pas confondre avec le médicament quoique les conséquences de somnolence et de vomissement sont les mêmes , semble durer une éternité. Et puis d’un coup gros plan dans ce bureau cossu sur un haut gradé de la police, tout de blanc vêtu. Au dessus de sa tête le poster jauni du raïs. Tu vas me dire qu’on pouvait quand même changer le poster pour mettre un tout récent à la place. Réfléchis un peu . Le poster jauni date d’il y a 25 ans, c'est-à-dire que la dedans le raïs est à son avantage. Jeune et fort . Quoi ? Tu préfères que je dise un quart de siècle au lieu de 25ans ! Mais je te vois venir toi , tu veux me faire dire ce que je n’ai pas dit. Là mon pote je te raconte un mousselssel massri point c’est tout. Bon je continue.
Quand soudain t’entends toc ! toc ! toc !
Hadarat, d’une voix rocailleuse ordonne de rentrer. La porte s’ouvre sur un petit bonhomme maigrichon coiffé d’un tarbouch rouge et vêtu d’une aâbiya, un plateau à la main . A le voir courbé comme ça on dirait qu’il a choppé une scoliose dans son enfance mais non c’est normal c’est un chaouch. Un chaouch courbe toujours l’échine devant hadarat . C’est une marque de respect et de soumission. C’est l’heure du thé de hadarat .
Le chaouch sert le thé et s’éclipse à reculons tout en saluant hadarat .
Le téléphone sonne. Hadarat décroche. « Sabah el foull ya maâllem, tahta amrak ya maâllem… » répond hadarat tout confus. Là tu devines que de l’autre côté du téléphone c’est un haut dignitaire , un maâllem, qui réclame un service à hadarat.
Hadarat s’éxécute sur le champ.
Impressionnant cortège de voitures de police toutes sirènes hurlantes et gyrophares scintillants se presse pour se rendre au domicile du maâllem.
Hadarat ,dans son beau costume blanc brillant de mille étoiles, saute le premier de voiture porter secours au maâlem.
La bâtisse pharaonique grouille de serviteurs noirs. Ils sont portiers, jardiniers, laveurs de vitres, cuisiniers.
Hadarat est conduit dans un immense salon où l’attendait un gros monsieur, un thon affaissé dans un fauteuil, qui d’une main il égrène un chapelet et de l’autre il roule ses moustaches.
C‘est le maâllem en personne ! Hadarat s’agenouilla devant lui et lui baisa la main.
Bien sûr si elmaâllem a fait venir hadarat c’est parce qu’il y a un harami dans sa maison. Ce dernier gît par terre , apparemment assommé d’un coup de canne asséné par el maâllem .
La victime est encore agonisante . Il s'agit d' un tout petit poisson rouge qui se tortille la queue sur le sol. El harami ,surpris par un serviteur avait du certainement faire tomber l’aquarium.
Hadarat assène quand même quelques coups de pieds dans les côtes du harami , histoire de se faire bien voir par elmaâllem , avant de lui passer elm’ssayess.
