Il est 5h du matin lorsque deux mecs louches habillés à la « Starsky et Hutch » se faisant passer pour des policiers en civil viennent cueillir Abou Zaâtar chez sa mère. L'un des deux types, un grand chauve baraqué genre convoyeur de fonds chez K.bank , l'extirpe de son lit par le collet .
Vêtu d'un pyjama à rayures jaunes et noires et d'un bonnet d'hiver, Abou Zaâtar sortirait tout droit d'une BD des « Dalton en cavale » . Ses bourreaux sont morts de rire.
Abou Zaâtar mettrait sa main sur les feux de l'amour, pardon de l'enfer que c'est « Huggy », un ancien proxo repenti, qui l'a vendu aux deux molosses. C'était finalement un indic' weld el hram. Il jura de lancer contre lui une fatwa depuis sa cellule.
Encagoulé par son propre bonnet, pieds et poings liés Abou Zaâtar est jeté sans ménagement tel un mouton de l'aïd dans le coffre d'une voiture banalisée.
Démarrage en trombe, crissement des pneus la voiture disparaît dans le noir pour une destination inconnue. On ne reverra pas de sitôt Abou Zaâtar.
Entre-temps, sa pauvre mère khalti Messaouda, qui n'est plus jeune, remua ciel et terre pour retrouver sa trace.
Elle frappa aux portes des prisons, contacta les droits de l'homme à qui elle fourni un épais dossier, monta l'association de parents de disparus. Elle battra pas mal le pavé brandissant la photo de son fils. Elle fit même les morgues . Walou , pas le moindre poil de barbe d'Abou Zaâtar .