
Bienvenue dans le campement. Contre visite médicale, boule à zéro, kouba3a, treillis, rangers, Saïd est bon pour le service.
L’instruction du djoundi Saïd connaît des ratés. Il trotte au lieu de marcher au pas. Il n’arrive pas à accorder ses pas sur ceux de ses camarades. Il a beau sautiller , il ne parvient pas à se corriger.
Il a toujours un temps de retard dans l’exécution des ordres et en plus il mélange tout . Un "yassar" au lieu d’un "yamin" , un "starih" au lieu d’un "staïd" . Le capo instructeur s’arrache les cheveux, encore faut-il qu'il en ait .
Djoundi Saïd a beau expliquer qu’il pige que dalle aux ordres donnés en arabe et qu’il essaye tant bien que mal d’imiter les autres . Rien n’y fait. Le capo dont les rangers brillent plus que la cervelle, n’a que faire d’un problème de linguistique. Sa mission est de faire marcher au pas sa section, toute sa section et pas un élément n’y échappe. Il a carte blanche de son supérieur pour user de toute la panoplie de punitions. Djoundi Saïd doit payer son " insolence". Le paquetage sur le dos il exécuta des séries de pompes en plein cagnard. Il est de corvée dans les chiottes le jour et jeté aux arrêts sans arrêt le soir. Le caporal instructeur se délecte à la vue de ce calvaire. C’est un sadique.
Djoundi Saïd peut respirer, son bourreau d’instructeur est parti à la quille.
Il a maintenant un instructeur de langue tamazight à lui tout seul, et les ordres sont exécutés avec l’exactitude d’une horloge suisse.
Il est cuistot à l’issue de son instruction, quoi de plus normal pour un kabyle. C’est un poste stratégique. Il mange à sa faim, côtoie les gradés et du côté permissions il n’a pas à se plaindre.
Saïd a accompli son service militaire avec un permis toutes catégories en poche.
Commentaires
a propos du "capot", il y a comme ça des instructeurs appelés, plus durs que ceux d'active. En général même s'ils bénéficient d'avantages, ils le payent bien, Ils sont honnis par la promotion et la section.

Tout est bien qui finit (pour l'épisode) bien. Bien à toi, mon ami.