Le guendouz est formaté. La deuxième phase, pratique celle-ci, peut commencer. Ils sont dix jeunes ados à quitter la mosquée Apreval pour les camps d’entraînement « kamé » de Tizi Ouzou .
Le voyage se fait en plusieurs étapes . Deux escales techniques, pour noyer le poisson, dans des camps de transit avant d’être affectés à la section ElYamana .
Ici la formation est assurée par des anciens d’Irak avec à leur tête un certain Abou Khorchef.
Ce dernier a un CV digne d’un général américain 5 étoiles . A Kaboul, il est sous les ordres de Ben Laden et sous commandement US pour combattre les russes de Kroutchev . Après le 11 septembre 2001 il retourne une deuxième fois en Afghanistan aux côtés des Talibans mais cette fois-ci c’est pour se retourner contre ses anciens chefs américains. On le retrouve ensuite à Baghdad aux côtés de Zarqaoui pour des attentats kamikazes contre des civils dans les marchés et dans les mosquées. Son palmarès est remarqué par Zawahiri , porte-parole de Ben, qui le nomma par la suite patron de la branche maghrébine d’Elqaïda . Il aura à ses ordres les salafistes de l’ex-GSPC.
A la fin de l’instruction l’élève aura acquis un savoir-faire dans le maniement des explosifs et des détonateurs. Et ultime étape avant de foncer avec son engin de mort bourré de TNT , le kamé aura droit à une minute d’enregistrement vidéo qui sera diffusé en exclusivité par Aljazeera. Dans la minute qui suit le carnage , Zawahiri,le porte-parole d’ Alqaïda fera un communiqué , toujours chez Aljazeera, félicitant le « chahid » . La « machine de mort » est bien huilée.
Face à cette diabolique organisation, c’est un peu la foire dans les services de l’état.
Ce nième carnage déclenche un mini- tsunami au sein du gouvernement. On fait porter le chapeau des pétards à répétition à Ghalmalah, le patron des affaires religieuses. En gros c’est le bordel total dans ses mosquées et ses Imams sont tous pourris.
Mais trop c’est trop ! Le ministre n’en pouvant plus d’essuyer les coups se défend en tapant sur son collègue de l’intérieur. Il a la haine , il dira tout à la presse :« Le recrutement des kamikazes ne se passe pas à l’intérieur des mosquées mais à l’extérieur de celles-ci c’est à dire sur les esplanades et les abords , ce sont les fidèles qui me le disent » , « la voie publique n’est pas mon rayon ». Il ne s’arrêtera pas là. Il dit avoir réagi avant « tout le monde » en passant au conseil de discipline l'imam Amine pour "prêches kamikazes".
Au milieu de cette cacophonie entre les services de l’état , le cheikh lui s’est évaporé dans la nature et on apprend par la bouche même de son wazir , qu’il ne s’est jamais présenté au conseil de discipline .
