Les images se passent de commentaire. Un décor de fin du monde.
Dans la salle beaucoup de jeunes stagiaires font un malaise . Stress ,nausée, vomissements et t’entends même des pleurs chez les plus jeunes. Le film aurait du être interdit aux moins de 18 ans. « Massacre à la tronçonneuse » est une berceuse à côté.
Devant cette extrême sensibilité du jeune public , l’imam se devait de réagir . Il se saisit de la télécommande et appuie sur pause .
Pas de bol, l’image figée montre un corps se consumant à vif sous l’action du métal en fusion ce qui accentua la panique dans la salle . Certains stagiaires ont essayé de se barrer mais en vain. Le cheikh avait condamné toutes les issues de sortie.
Amine pousse une gueulante. Se met dans une colère noire. Le jeune public est comme tétanisé.
Cette technique de gérer l’émotion des auditeurs, l’imam l’a emprunté à des révérends noirs prêchant dans les quartiers malfamés de Harlem :" le révérend gueule, le révérend mouille la chemise, le révérend rentre en transe . Les milliers de fidèles venus l’écouter claquent des mains et chantent en chœur des « Alléluia » à faire envoler le chapiteau qui les abrite. Le public est chauffé à blanc, le public est acquis à la cause".
L’imam tout comme son donneur d’ordre Zawahiri, est aussi fan de Malcolm X. Il fait sienne la devise du chef des blacks muslims : le mouvement ( noir) n’est plus les droits civiques mais la (le) chariâ ( black power).
L’imam annonce dans la foulée et en prime time une bonne nouvelle qui devrait réjouir tous les jeunes et en particulier les harragas : « Zawahiri nous promet la reconquête de l’Espagne ! » . Et t'entends : Hourrrah! Hourrrah! dans la salle.
Ah, ça ! Pour être une bonne nouvelle c’est une bonne nouvelle ! Cela détend l’atmosphère.
Le cheikh appuie à nouveau sur pause et le lecteur DVD se remet en mode lecture.
