Le coup de fil de Abdel I depuis le Caire siffla la fin de la partie. Les oreilles de Abdel II ont sifflé. Putain que ça fait du bien de pousser une gueulante !
On arrête de jouer et Salah on oublie . Les congressistes qui l’ouvraient jusque là avant le coup de fil du Raïs font maintenant profil bas. L’élection au poste de SG est reportée sine die.
Un mot quand même de l’atmosphère qui régnait à propos de l’élection du secrétaire adjoint. Salah alors secrétaire général de l’union d’Alger s’était autoproclamé , tout seul comme un grand, SG adjoint de l’Ugta. C’est peut être pas conforme aux statuts de la centrale qui supposent un vote démocratique mais on s’en fout.
Déjà que les syndicalistes femmes, représentées par leur présidente Soumaya Salhi râlaient devant cet état de fait, d’autres voix se font entendre.
Parmi les congressistes il y a les partisans de Salah avec à leur tête Ouyahya et il y a le clan de Abdel I mené par Abdel II. Les intérêts divergent.
Tractations , conclaves , prises de becs, crêpages de chignons et de barbichettes . Tout y passe.
Le poste de SG adjoint devait rétablir l’équilibre politique en déplaçant le centre de gravité vers la base. Les contestataires. Les fouteurs de merde. Danger potentiel pour une 3ouhda thalitha. Oui encore elle , la 3ouhda thalitha.Et à qui profite le crime ? De toute évidence au snipper Ouyahya. Il a beau dire qu’il est 3ouhdiste mais il ne ratera pas la moindre occasion pour s’emparer du pouvoir. Pas de cadeau en politique. Et Abdel I ,un vieux de la vieille, le sait mieux que tout le monde.
Le boss a parlé. Les congressistes passent à table. Comme si de rien n’était . Le méchoui adoucit les mœurs.
Le congrés est clos . Sidi , en ténor déclenche l’hystérie de la salle en entonnant la 3ouhda thalitha. Pavarotti n’aurait pas fait mieux.
