La pravda parle du bout des lèvres de l'histoire de khalti Messaouda. Tout juste un petit article gentil pour faire glasnost . Surtout pas de vagues insiste-t-on dans les rédactions.
Mais penser que l'affaire allait s'arrêter là, c'est méconnaître le personnage.
La presse étrangère s'en mêle. Khalti Messaouda fait le prime time des journaux télévisés. Et sur le câble s'il vous plaît !
Cela embarrasse au plus haut niveau le polit bureau .
Les nostalgiques du « bon vieux temps » verront dans son action une conspiration orchestrée par les « ennemis de l'extérieur ».
Ordre est donné de « faire taire cette folle » .
Elle est dans les locaux de la DGSE, un vieux bâtiment amianté genre hôtel pour émigrés à la « rue Thibanault » avec eau et gaz à tous les étages. Elle patienta toute une matinée dans une pièce sordide et mal éclairée située au deuxième sous-sol du bâtiment . Le mobilier est soft. Une table, une machine à écrire , un fauteuil et une chaise en plastique. La peinture aux murs et au plafond est écaillée.
La personne chargée de la cuisiner est une dame froide comme de la glace, aigrie et moche comme un poux. En un mot elle a la tête de l'emploi. Ses collègues la surnomment Condoleeza Rice. Condy pour les intimes.
Mais El hadja n'est pas femme à se laisser intimider ou berner et elle est décidée à faire du bruit .
La couler dans le béton ou la dissoudre dans l'acide ferait d'elle une martyr et ça on n'en veut pas. Et puis par les temps qui courent on risque de se faire rattraper par son passé et voir ses vacances à l'étranger se terminer devant le tribunal pénal international .