Provisions de galettes de pain pour au moins une semaine , savonnette, serviette…sont emballées dans un vieux cabas. Sans oublier le nécessaire pour le rasage, ce qui peut prêter à sourire lorsqu’on voit les quelques duvets sur le menton de Saïd.
Dernière vérification des papiers. Ordre d’appel ? Ordre d’appel.
Carte d’identité ? Carte d’identité. Tout est en ordre.
Le chemin jusqu’à la capitale est long, il faut y aller. La mère serre son petit dans ses bras : « Prends soin de toi mon fils ! » lui dit-elle la gorge nouée.
Et à peine libéré des bras de la mère que la grand’mère sonne la charge ; on sent une grande complicité entre eux. Elle file à son petit fils des œufs durs. L’attendra-t-elle jusqu’à sa première permission ? Inna el â3marou biyadi llah. Il posa un dernier baiser sur le front de sa grand’mère et un autre sur celui de sa mère .
Faute de route carrossable les quelques kilomètres qui séparent le douar de la nationale se font à dos d’âne. C’est le père qui est aux manettes et malgré sa dextérité légendaire, la bête n'en fait qu’à sa tête parfois. Le port du casque est alors vivement recommandé.
Un petit coup de talon sur les fesses de l’âne et c’est parti. Erra !