Le blog ferme pour raison de congé. Salut à tous
Le quartier a changé. Le terrain vague qui nous servait de terrain de foot n’est plus ; à sa place une grande villa « R+3 » a poussé. Le gardien qui l’occupe seul à longueur d’année est une vraie tombe et le propriétaire est apparemment quelqu’un de très important . Une ou deux fois dans l’année ,une grosse voiture noire immatriculée dans la capitale franchit le portail de la villa. C’est Monsieur qui est dans le coin pour affaire. On s’en doutait un peu de sa venue ; la pelouse est impeccablement taillée et l'eau de la piscine est cristalline.
Âmmi Bloufa dit moustache n’est plus de ce monde . Il était à la fois épicier , boucher et arracheur de dents . Il a édenté plusieurs générations et aucune dent n’a résisté à ses tenailles. Le charbonnier a fermé boutique victime de l’arrivée du gaz ; le sfendji , un vieux monsieur tunisien qui vivait seul au milieu de ses grandes poêles , est rentré définitivement chez lui en tunisie et du coup il n’y a plus de beignets pour le thé de 4H. Quant à Saka hawwel lma il y a belle lurette qu’il a cessé son activité et la fontaine publique ,à sec aujourd’hui , est toujours là telle une horloge à remonter le temps .
L'énigme de la valise reste entière, le dernier voyageur n'en veut pas.
Nous patientons au pied du boeing en prévision d'un troisième round . Les esprits s'échauffent sous le cagnard du tarmac.On est venu de loin prendre l'avion . Certains ont roulé toute la nuit tandis que d'autres avaient carrément passé la nuit aux abords de l'aéroport.
A ce niveau de la compétiton tout le monde craque , depuis les autorités jusqu'aux voyageurs.
Et puis tout à coup une soudaine agitation s'empare des agents de sécurité aéroportuaire tous les lèvres collées à un walkie talkie.Un haut gradé impeccablement sapé arrive sur les lieux accompagné d'une équipe de déminage.Le cabas vit là ses derniers instants.
Un périmètre de sécurité est formé et nous sommes tous planqués derrière un talus.Un artificier fait exploser le cabas à distance.On entend comme un petit bruit de pétard mouillé et puis plus rien.
On ne saura jamais à qui était le cabas .
Tout le monde embarque . Décollage imminent . Nous sommes priés de se la boucler et de ne pas fumer dans les toilettes . Néanmoins on peut toujours chiquer et cracher par terre ça ne met pas en danger la sécurité de l'avion.
J'ouvre grands mes yeux au cas où est elle à moi cette fichue valise et que je l'aurai oublié. Mais non ! je suis rentré avec trois valises pour les vacances et je repars avec une seule que j'avais reconnu dés le premier tour .Au suivant ! Au suivant !
La valise n'a pas disparu et le dernier voyageur s'apprête à faire son tour de reconnaissance .Suspense.
Nous avons le souffle coupé. Mon Dieu faite qu'il se l'approprie et qu'on en finisse . Nous avons tous les yeux braqués sur lui .On croise les doigts. Les paris sont lancés,elle est forcément à lui risque t-on à 2 contre 1. Pour avoir une idée de la tension qui règne sur le tarmac il n' y a qu'à imaginer que vous assistez à la dernière action du match où Zidane se trouve face au gardien de but . La coupe est à ses pieds ! Et s'il rate son tir ?
Terminus . Encore une fois nous sommes privés de bousculade car la descente du bus est régulée par un contrôle de papiers. Cest le 14ème contrôle depuis que nous avons franchi la porte de l'aéroport. Va falloir maintenant reconnaître sa valise qui jonche le tarmac avant de prendre la passerelle.
Logiquement tout bagage a son propriétaire et à la fin de l'opération de reconnaissance il ne restera pas le moindre cabas par terre. Eh ben aussi incroyable que ça puisse paraître ce n'est pas vérifié du tout ! Il reste encore une valise à terre alors que tous les voyageurs ont franchi le 15ème et dernier contrôle et se trouvent maintenant à bord de l'avion.
On ne décollera pas tant que la dernière valise n'aura pas trouvé preneur c'est le règlement qui le dit. Alors tout le monde en bas pour un second tour de reconnaissance de la fichue valise.On ne sait jamais ,un amnésique qui aurait retrouvé la mémoire.

