De toute façon se jeter dans le vide par – 50° ça jette un froid chez les hadj d’autant plus que le suicide est un péché. Alors on prie et on accepte son destin même si c’est celui de finir en mer dans le ventre de gros poissons ou bien dans celui des rapaces en plein désert.
Bon nombre des candidats pour le titre au Paradis ne sont pas clean. En classe « affairette » ça pue la corruption. On y trouve d’ex-élus ,maires ou députés, d’ex-dirigeants d’entreprises publics , tous ex-taulards pour trafic en tout genre. Va falloir prier (très) beaucoup. Khedmou ghir el kehla comme dirait ma grand-mère.
La classe confort sent la mort. D’ex- Irhabiyinne , passés dans la blanchisserie Wiam-el-watani, y sent confortablement allongés . Convaincus de la justesse de leur jihad , ils considèrent ce voyage comme une simple formalité pour acquérir le ticket paradisiaque. Eddebbahine comme dirait ma grand-mère.
La classe économique. Ça pour être économique, c’est économique. L’espace est optimisé comme dirait l’autre. A peine un petit couloir pour laisser une hôtesse et encore. T’imagines un gros thon Maâscri, Chaoui ou Zwawi essayant de traverser le couloir ! Les voyageurs classe éco ont tout intérêt à limiter leur déplacement.
Y sont donc tassés tous les autres voyageurs qui ne peuvent pas payer un supplément « confort « ou « affairette ». Ils ont intérêt à être bons lors de l’examen de passage au Paradis s’ils veulent goûter un jour au luxe qu’ils ne peuvent se permettre sur terre.
La partie I du feuilleton "Embarquement immédiat" était consacrée aux déboires de nos futurs hadjs dans l’enceinte de l’aéroport. Il y aura d’abord cette nuit blanche passée aux abords de l’aéroport. Les candidats à la Om’ra et leurs accompagnateurs venant parfois de loin, arrivent à l’aéroport la nuit. Le lendemain, les Hadjs passent à la fouille et aux formalités. Ils ne sont pas au bout de leur peine car un long séjour dans la salle d’attente les attend.
Vient ensuite leur acheminement par bus jusqu’à l’avion. C’est obligé. La vieille dame qui refusa de prendre la navette pour cause de ghoumma fut montée manu militari. Le plus dur est à venir. Ils doivent, raison de sécurité oblige, reconnaître leurs bagages avant d’embarquer. Ça a duré des plombes à cause d’un cabas qui ne trouvait pas preneur. Il a fallu finalement toute une section d’artificiers et de tireurs d’élite pour mettre fin au calvaire des Hadjs. Le cabas abandonné finit déchiqueté. Fin de la partie I.
Enfin tout le monde peut embarquer. L’hôtesse présente les excuses des khoutout eljawia eljazaïria pour ce « léger désagrément » mais tient à préciser que celui qui a fait le coup du cabas n’est pas un homme. Du fond de l’avion des voix s’élèvent pour dire « matkhaltich maaa ! ». Le « maaa » trahit un groupe de maâscris.
Décollage imminent. Tout le monde est prié de se la boucler et de ne pas fumer dans les toilettes. Néanmoins on peut toujours chiquer et cracher par terre, ça ne met pas la sécurité de l’avion en danger.
Phase de décollage terminée, deux hôtesses font leur apparition face aux voyageurs. Elles troquent leur joli tailleur sexy pour une tenue de circonstance. L’une est vêtue à l’Iranienne, khimar et âbaya noirs, l’autre en Afghane, Bourka et âbaya bleues.
Les deux sœurs guidées par une voix enregistrée miment les consignes de sauvetage. En cas de problème il ne faut surtout pas se bousculer. L’avion dispose d’une demi-douzaine de portes : 2 à l’avant, 2 à l’arrière et 2 au milieu, un masque à oxygène vous tombe sur la tronche et un gilet est placé sous votre siège.
Les consignes sont données en arabe en anglais et en français. Autant dire, pas 1 hadj sur 5 ne les a comprises. Dans l’avion il y a des mascaréens, des Chaouias, des zwawas et les langues étrangères ne sont pas leur fort.
Mohamed est mon neveu. Question études, ça roule pour lui. Inchallah, dans un an il est ingénieur télécoms. Sa mère, ma sœur, en est fière. Allah yessoutrek mel aïn ya weldi , allah ynejhek dira-t-elle à chacune de ses prières. La liste de ses doléances à Dieu s’allongeant avec l’âge de ses enfants, ma soeur passe plus de temps dans sa prière. Le sujet récurrent est la mauvaise fréquentation. Les animateurs de quartier comme elle dit. Ça va de l’imam DRH kamikaze jusqu’au pote, retraité de l’école fondamentale et recyclé dans les stups.
Mohamed n’as rien laissé de toi me dit ma soeur à chaque fois que je lui rends visite. Après son diplôme il voudrait poursuivre ses études à l’étranger . Ou bien s’engager dans l’armée. Les étoiles le fascinent. C’est pour lui synonyme de pouvoir et d’argent ! Rani baghi nessbagh’ha qu’il me dit. Son père lui, ne veut pas en entendre parler. Aux dernières nouvelles c’est la thèse de la hedda qui l’emporte chez Mohamed . Dans son dernier mèl, il m’écrit : Khali, rani baghi naâtiha !
Ce qui chagrine ma sœur c’est que son fils ne veut même pas entendre parler d’une bent âmmah pour le mariage. Il lui répond « une gaouria sinon rien » .
Et ma sœur de continuer : tu sais khouya, moi j’aurai aimé l’avoir près de moi pour voir grandir ses enfants et tout. Mais je me dis après tout, l’essentiel qu’il soit heureux là où il sera et moi lia rabbi. Et puis je m’inquiète pas pour lui sachant que toi t’es là bas. Bien sûr ma sœur que tu peux compter sur moi. "Toi t'es la bàs" ça sous entend une prise en charge totale. ça sert à ça la famille je me dis.
Mohamed est le produit de plusieurs réformes. Et de leurs échecs successifs. A plus de 50 élèves par classe, c’était pas triste. Il me racontait de ces histoires ! Ça va de la mouâllima qui se fait gifler en plein cours jusqu’à ce mouâllim qui perd connaissance suite à un coup de boule. Par peur de représailles plus que par solidarité, aucun tilmid ne témoignera. Les fouteurs de merde sont généralement des camés. Ils deviennent violents lorsqu’ils sont en manque. Racket, copiage Sinon le reste du temps ils sont tout sourire . Des élèves exemplaires.
Pour remplacer la mouâllima traumatisée par la claque , on a du faire appel à pas moins de 3 ou 4 contractuels. Ils déclarèrent tous forfait.
La bande de petits malins shootés n’avait pas trouvé mieux à faire que de réserver au pauvre contractuel une ambiance digne du stade de France un jour de finale France /Brésil. Le contractuel débarque dans la salle , les élèves se lèvent rangée après rangée tout en scandant le Holà. Ça durait et ça durait et ça durait. Evidemment le contractuel jette l’éponge dés la prise de contact. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, il est carrément viré de l’éducation nationale parce qu’il a osé manifester pour son pouvoir d’achat.
Mohamed, les garages et les caves d’immeubles il connaît pour y avoir passé tout le temps qu’il n’est pas au lycée. Ses profs y donnent des cours privés. Bien obligés. Comme tous les autres fonctionnaires de l’état, ils connaissent des fins de mois difficiles dés le début du mois. Ça coûte cher à ses parents mais le bac est à ce prix là. Bientôt les cours privés seront aussi surchargés qu’à la thanaouia. Les profs mettent en avant le taux de réussite élevé chez les cavistes et la garantie que les cours continuent même pendant les grèves.
« 5ans d’études supérieures et l’3ilm lillah » . Constat à la fois honnête et effrayant de la part de nos jeunes diplômés. « L’université algérienne n’existe plus, il n’ y a que des murs » dira ce professeur à l’université d’Alger.
C’est la génération pas de chance. Sacrifiée sur l’autel de l’idéologie et de l’idiotie. A la croisée d’une arabisation désuète ,d’un nationalisme abêti et d’une islamisation pourvoyeuse de bombes humaines.
L’autisme des responsables ne présage rien de bon pour l’avenir de l’école . On persiste et signe dans la bêtise. Comme lors de cette commission nationale de la réforme des programmes, la CNP, pourtant créée par le gouvernement.
A la question d’un cadre de la CNP : Pourquoi attendre cinq longues années pour faire une autocritique qui doit se faire dans un année ou deux par un organisme de l’extérieur ? Le ministre dira : les réformes engagées ne donneront de fruits que dans dix ans au moins et nous ne sommes qu’au début du chemin. . C’est ahurissant. C’est du délire .
Dans la même semaine, le président de la république demandera à la commissaire de l’UE , de voir ce qu’elle peut faire pour notre système scolaire. N’est-ce pas là un aveu d’échec à toutes ces réformes de l’éducation nationale ? Devant un tel désaveu , un ministre ça doit normalement démissionner. En désaccord avec la première guerre du golf, le ministre français de la défense d’alors dira : un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne. Et il démissionna.
Un lot de 164 baskets saisi par les contrôleurs de Douane au port d’Oran pour atteinte à la religion. Dans le détail, 132 paires proviennent de Chine et portent la marque Allah et les 32 autres proviennent d’Europe avec la croix † . En plus de saisir la marchandise incriminée, ces mêmes fonctionnaires saisiront aussi les affaires religieuses pour complément d’enquête. Les fonctionnaires de Ghoulamallah saisiront de leur côté ceux du conseil scientifique. Les fonctionnaires du conseil scientifique saisis par les affaires religieuses se réunissent. Un rapport du conseil scientifique sera envoyé aux affaires religieuses. Le rapport des scientifiques confirme l’écriture en arabe du mot Allah ainsi que la croix sur la base des semelles des baskets. Et c’est sur la base de ce complément d’enquête auprès des autorités compétentes de l’état que les autres autorités compétentes douanières décident de saisir la marchandise . La justice est saisie et l’enquête suit son cours précisent ces mêmes autorités compétentes. Ça rigole pas chez les autorités compétentes de l’état .Elles saisissent.
Les Chinois d’Algérie , d’ex-ouvriers du bithume de nos autoroutes et reconvertis dans l’Import-Import doivent se faire des cheveux blancs. Avaient-ils l’intention d’équiper nos « internationaux » en souliers Allah pour leurs jeux olympiques ? Ce ne serait pas par hasard une commande du ministère des sports ?
Rien n’est à exclure. De source sûre on laisserait filtrer des informations comme quoi les responsables du sport Algérien résilieraient les contrats avec les équipementiers classiques ( Nike, Kappa, Puma , Adidas…) au profit de la marque Allah. La baraka ferait gagner à nos athlètes des médailles aux J.O de Pékin. Imaginons l'Algérie devançant le Darfour . Les mauvaises langues diront que c'est possible , il suffirait de tenir le journal à l'envers.En tout cas l’intention était bonne. Dans le pire des cas, nos dirigeants sortiront l'inusable formule: "l'essentiel est de participer".
L’affaire ,qui suit son cours par ailleurs, risque de s’envenimer. Les Chinois ne sont pas au bout de leurs ennuis. Les barbus peuvent toujours se mettre de la partie et décréter une fatwa qui mettrait fin à leur tbezniss. On se souvient encore de l’embargo décrété sur les pots de yaourt Danois.
« 5ans d’études supérieures et l’3ilm lillah » . Constat à la fois honnête et effrayant de la part de nos jeunes diplômés. « L’université algérienne n’existe plus, il n’ y a que des murs » dira ce professeur à l’université d’Alger.
C’est la génération pas de chance. Sacrifiée sur l’autel de l’idéologie et de l’idiotie. A la croisée d’une arabisation désuète ,d’un nationalisme abêti et d’une islamisation pourvoyeuse de bombes humaines.
L’autisme des responsables ne présage rien de bon pour l’avenir de l’école . On persiste et signe dans la bêtise. Comme lors de cette commission nationale de la réforme des programmes, la CNP, pourtant créée par le gouvernement.
A la question d’un cadre de la CNP : Pourquoi attendre cinq longues années pour faire une autocritique qui doit se faire dans un année ou deux par un organisme de l’extérieur ? Le ministre dira : les réformes engagées ne donneront de fruits que dans dix ans au moins et nous ne sommes qu’au début du chemin. . C’est ahurissant. C’est du délire .
Dans la même semaine, le président de la république demandera à la commissaire de l’UE , de voir ce qu’elle peut faire pour notre système scolaire. N’est-ce pas là un aveu d’échec à toutes ces réformes de l’éducation nationale ? Devant un tel désaveu , un ministre ça doit normalement démissionner. En désaccord avec la première guerre du golf, le ministre français de la défense d’alors dira : un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne. Et il démissionna.