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Jeudi 08 Mai 2008

La nuit tombe et avec elle les nuisances sonores. Plus de marchands crieurs, plus de klaxons de voitures, plus de bruit de mob trafiquotées . Même pas le miaulement persistant de ses chats en chaleur . A ce sujet , il paraît, wallahou aâlam, que si les minous sont en voie de disparition c’est parce que les Chinois en rafolent. Je n’ai rien contre les habitudes culinaires des Chinois sauf qu’il aurait fallu les obliger à nous débarrasser des rats aussi . Non , si je dis ça c’est parce que la prolifération de ces rongeurs a creusé le trou de la sécurité sociale. Nos hôpitaux n’ont pas désemplit cet été pour cause d’hantavirus et autre leptospirose .
Bref , la cité retrouve enfin le calme. Elle est comme enveloppée dans un cocon par ce silence impérial. Et toi tu roupilles tranquille. Bzzzzz !
Même les ronflements du Hadj qui squatte la chambre mitoyenne à la tienne n’arrivent pas à te réveiller.
Quand soudain une forte décharge de décibels vient interrompre ton rêve au plus beau moment. T’aurais aimé que ça soit vrai ce qui t’arrivait dans ton rêve. C’est une journée printanière, les oiseaux gazouillaient, les cigales chantaient et toi t’es redevenu ce jeune homme qui courait à travers champs . Tu cueilles des marguerites et des coquelicots et t’en fais un bouquet. Et c’est juste au moment de lui offrir à ta chérie le joli bouquet que ce maudit haut-parleur met fin à ton rêve. La vie est vraiment trop injuste.
Ce premier appel à la première du fajr fuse de la mosquée Ouest . Son adden a une voix stridente et aiguë qui te transperce les tympans. Tu mets ta tête sous l’oreiller histoire d’atténuer le son. A peine ce premier appel à la prière terminé qu’un second appel, beaucoup plus énergique celui-là, surgit depuis le Nord . Une voix grave et désagréable interrompt un début de sommeil. L’oreiller ne te sera d’aucune protection, tu sors la tête. Et tu attends que ça passe.
L’appel depuis la mosquée Sud vient couvrir celui du Nord . Ce chevauchement des deux appels donne naissance à des interférences . C’est la cacophonie. Cette fois-ci tu te bouches les oreilles avec des boules kiés.
Cette surenchère sonore entre les deux mosquées Nord/Sud est la conséquence d’une lutte pour le contrôle des quartiers aisés du Nord . Les hommes de main de l’imam sudiste vont souvent racoler sur les terres nordistes réputées abriter de riches et généreux clients, pardon fidèles.
Tous les vendredis en fin de hadith c’est le même rituel à la mosquée Nord. Un camion blindé de transport de fonds se plaque contre une porte dérobée . Deux molosses au crâne rasé et armés jusqu’aux dents descendent du camion. Un des deux types au méchant look reste en faction devant la porte tout en ayant le doigt sur la gâchette tandis que l’autre pénètre dans l’enceinte de la mosquée. Ce dernier ressort cinq minutes tard , deux gros sacs de billets en grosse coupure sous les bras. Mais tout ça n’est qu’une diversion. En vérité le magot de la zakat sera mis dans des sacs poubelles et transporté en toute sécurité, un autre moment dans un camion–poubelle évidemment.
C’est pas que t’as pété les plombs ou que t’es devenu maso que t’attends avec impatience l’appel de l’Est . Je comprends que ce dernier appel est pour toi synonyme d’une extinction imminente d’ondes sonores en plus de signer l’armistice entre les mosquées nordiste et sudiste.
Entre l’Est et l’Ouest la guerre est d’ordre idéologique. L’imam de la mosquée Est , un proche de Amine, l’ex-DRH kamikaze et ex-imam de la mosquée d’Apreval à Hydra , accuse son collègue de l’Ouest de manger dans la main du pouvoir . Ce qui explique la bruyante guerre d’ondes sonores qu’ils se livrent de leur côté .
Les premières lueurs du jour pointent à l’horizon, t’en es au 200 millionième mouton. Entre temps t’as eu droit au chant de tous les coqs de la cité et pour finir, au camion- poubelle, le vrai cette fois-ci .
C’est bientôt l’heure de te lever. Tes paupières se referment. Tu ne peux lutter, tu dors. Enfin.
Le réveil sonne mais tu l’entends pas à cause des boules kiess restées dans tes oreilles .Va falloir te trouver une autre excuse pour ton absence de ce matin au boulot et si ça marche pas parce que t’en a abusé, alors tu puises dans le compte épargne-temps . De toute façon tes heures sup ne te seront jamais monétisées .
Cette pollution sonore est un vrai problème de santé public. La cité « Binaa Fawdawi » qui recense le plus grand nombre de mosquées et autres salles de prière au mètre carré est la plus touchée par ce mal . C’est simple, on l’a baptisée « Cité des zombis ».
Les solutions à ce problème existent. Toi et d’autres zombis vous allez en parler à l’imam. Il suffit d’une fetwa de sa part pour rendre le sommeil à ses ouailles. Par exemple une fetwa portant suppression pure et simple de l’appel du fajr. Les inconditionnels des décibels de l’aube pourront toujours personnaliser le mode réveil de leur téléphone portable avec l’appel de la discorde. Il suffit pour cela d’aller sur un site de téléchargement . C’est gratuit et en plus ils ont un grand choix de sonneries.
Le maître du temple qui est aussi le maître du temps, peut décider d’une fetwa qui retarderait l’horaire de la prière du fajr. Pourquoi pas ?
Plus simple encore, tu te dis qu’il lui suffit de supprimer la sono du fajr ou à la limite s’il y tient vraiment , la baisser de quelques décibels . Ça évite de toucher à l’horaire et donc pas besoin de fetwa.
L’imam est dans tous ses états. Il devient hystérique. Sa riposte sera impitoyable. A fond la sono, des sessions extraordinaires de prêche contre la bande de zombis seront diffusées tous les jours à la fin de chaque prière. Ils les a « lavé ». Ils sont jetés en pâture devant une foule de fidèles à moitié endormie.
Une bande de koffar qui ne met jamais son nez à la mosquée et que l’appel à la prière dérange est venue me voir, dira-t-il comme avec étonnement.
-En enfer ! En enfer ! Scandent les zombis, le poing fermé et dirigé vers le ciel.
Et vous savez ce qu’ils me demandent ces apostats ? Non, ne dites rien, vous pouvez même pas l’imaginer . Que je supprime la sono du fajr m’ont demandé sans sourciller ces fils de P…( il se retient in extremis) .
-En enfer ! En enfer ! Répètent les mêmes.
L’imam se râcle la gorge avant d’enchaîner sur un ton beaucoup plus calme cette fois-ci : Oui chers fidèles zombis, mon appel du fajr leur coupe le sommeil.
Que les flammes de jahannama les réduisent en cendre ! monte-t-il le ton de plusieurs crans faisant sursauter les fidèles.
-En enfer ! En enfer ! Répètent encore les mêmes au trois quart endormis.
Et croyez-vous qu’ils s’acquittent de la zakat ? Walou , pas la moindre petite pièce ! Wled el hram.
Ça tombe mal pour l’imam en parlant de sous . Son patron Bouabdellah Ghoulamallah est actuellement accusé par son ex-conseiler en communication de s’être acheté un joli 4x4 en piochant justement dans les caisses de la zakat. Mais le ministre sait qu’il peut dormir sur ses quatre oreilles sans être dérangé par la justice et encore moins par les décibels . Le jour où un juge de chez nous ira perquisitionner chez nos dirigeants, ce jour-là les poules auront des dents.

Mercredi 07 Mai 2008

Saïd, jeune berger, vit avec sa famille reclus au fin fond de la montagne. Son douar est resté en dehors du temps . On va chercher l’eau à la source et on s’éclaire encore au quinquet et à la bougie.Toutes les études techniques depuis l’EGA jusqu’à la Sonelgaz ont conclu à la non-faisabilité de l’électrification du douar . Trop loin pour être raccordé à quelque réseau électrique, téléphonique ou d’eau.
A propos une anecdote me vient à l'esprit et j'ai envie de la raconter. C'était au temps du socialisme et de ses injazet en grande fanfare. La télé a été interviewer au fin fond du sahara, ça se faisait beaucoup à l'époque, une vieille dame qui venait juste de bénéficier de l’électricité (pour ses quatre vingt dix ans !) : wach raâyek ya mma fi houkoumetna? et la vieille ,toute « illuminée », de répondre: ya weldi ellah ikhalinna Digoul.
Le petit Saïd coule des jours heureux dans sa montagne au milieu de ses moutons, jouant des airs mélodieux avec sa flûte .C'est un cheikh de Gasba et a un bon public, le djurdjura qui reprend ses airs avec un écho de qualité numérique.
Il n'a jamais été à l'école et tout ce qu’il a appris lui vient de sa grand’mère, bergère elle-même jusqu‘à ce que sa vue baisse, et de la nature. Pas une plante, pas un oiseau, pas une bête n’a de secret pour lui. Ses prévisions météorologiques sont beaucoup plus fiables qu'ahwel ettaks de l'Entv. D’ailleurs la télé, sa famille n’en a jamais eue, faute d’électricité ça je l'ai déjà dit.
Saïd reçoit son ordre d’appel pour le service militaire. Ah ! Quand même cette fois-ci on a pensé à lui. Il est affecté à Alger, ville qu’il ne connaît pas. D’ailleurs c’est la première fois de sa vie qu’il est contraint de quitter sa montagne.
C’est un jour triste pour la famille qui voit partir le mazouzi vers des cieux hostiles sans compter qu’il ne sera plus là pour s’occuper des moutons.
Comme à son habitude c’est à l’appel de la prière du fajr que la mère se lève. Ce jour là elle prie plus longtemps que d’habitude. Sa voix douce et fragile psalmodie des incantations que les ondes transportent avec discrétion jusqu’aux oreilles de Saïd : Ya rabbi fait que la paix règne sur ce monde et que les mouâminines s’unissent, ya rabbi prête longue vie à notre raïs pour le bien de notre watan, ya rabbi préserve mon fils des mauvaises fréquentations…
Cette nuit là il a beaucoup neigé et le douar est tout blanc.
Le paysage fait penser à ce tableau que le maître de CM2, Mr Duchemin, qui n’est plus de ce monde et qui fût un grand joueur de rugby faut le dire, accrochait au mur pour préparer une rédaction sur le thème de « l’hiver ». D’ailleurs je garde un chaud souvenir de cette année là , mon statut de dernier de la classe me donnait ce privilège d’être adossé au poêle . C’est bien fait pour les fayots de se les geler prés du bureau du maître.
C’était moi qui devais entretenir la flamme du poêle en y glissant une bûche de bois lorsque cela était nécessaire. J’étais en quelque sorte le cheminot du train à vapeur qui alimente régulièrement la machine en charbon afin de tenir la cadence de la locomotive.
Dans la cheminée les fagots de bois sont incandescents. La mère y dépose un tajine de galettes de pain .Elle les retourne de temps à autre avec ses mains insensibilisées à la chaleur à force de labeur. Les galettes seront cuites lorsqu’elles seront colorées des deux côtés.
Saïd prolonge pour la dernière fois ce plaisir de rester sous la couverture et ressentir la chaleur qui envahit sa chambre sur fond de crépitement de bois sec. L’odeur du bon pain chatouille ses narines et excite ses papilles. Hmmm ! du pain trempé dans l’huile d’olive !
Provisions de galettes de pain pour au moins une semaine , savonnette, serviette…sont emballées dans un vieux cabas. Sans oublier le nécessaire pour le rasage, ce qui peut prêter à sourire lorsqu’on voit les quelques duvets sur le menton de Saïd.
Dernière vérification des papiers. Ordre d’appel ? Ordre d’appel.
Carte d’identité ? Carte d’identité. Tout est en ordre.
Le chemin jusqu’à la capitale est long, il faut y aller. La mère serre son petit dans ses bras : « Prends soin de toi mon fils ! » lui dit-elle la gorge nouée.
Et à peine libéré des bras de la mère que la grand’mère sonne la charge ; on sent une grande complicité entre eux. Elle file à son petit fils des œufs durs. L’attendra-t-elle jusqu’à sa première permission ? Inna el â3marou biyadi llah. Il posa un dernier baiser sur le front de sa grand’mère et un autre sur celui de sa mère .
Faute de route carrossable les quelques kilomètres qui séparent le douar de la nationale se font à dos d’âne. C’est le père qui est aux manettes et malgré sa dextérité légendaire, la bête n'en fait qu’à sa tête parfois. Le port du casque est alors vivement recommandé.
Un petit coup de talon sur les fesses de l’âne et c’est parti. Erra !
Le bus arrive avec plusieurs heures de retard mais ça n'a aucune importance, à partir de cet instant là le temps est comme suspendu .
Les deux hommes se disent au revoir tout en se gardant de laisser paraître leur émotion .Un homme ça pleure pas.
Le père retourne au douar convaincu que l'armée va faire de son fils un " homme" .
Saïd monte dans ce car bondé de villageois se rendant à Tizi vendre leur produit. Son ordre d'appel lui permet de voyager à l'oeil .
A l'intérieur du car il règne une atmosphère irrespirable et ça sent fort le poulailler. Dans les porte-bagages, en dessous des sièges et même dans l'allée centrale sont tassés pêle-mêle poules vivantes,oeufs , huile d'olive , pain. On y trouve même une caisse contenant des cobras et autre reptile appartenant à un vieux monsieur, charmeur de serpents.
Le car a pas mal valsé sur cette route montagneuse provoquant une panique générale chez les poules et des vomissements chez certains voyageurs. Malgré les odeurs nauséabondes la majorité vota contre l'ouverture des vitres, faisant ainsi le choix de garder la chaleur plutôt que d'aérer. Les minoritaires eux, s'ils ne sont pas contents, ils n'ont qu'à prendre le taxi.
"Tizi-ouzou , ici Tizi-ouzou.Terminus , vérifiez de n'avoir rien oublié dans le car. Votre chauffeur ammi Kaci et son receveur Mohand espèrent que vous avez effectué un agréable voyage et vous disent à bientôt " . Ce texte pré-enregistré et lu par une douce voix féminine est diffusé par haut-parleur dans les trois langues amazigh, arabe et français.
"L'express" Tizi-Alger est pris d'assaut par une bande de jeunes gens boutonneux à peine sortis de l'adolescence . Comme Saïd ils partent tous effectuer leurs obligations militaires. Ça fume, ça chique, ça papote.
Dans le lot des voyageurs il y a aussi des moins jeunes dont certains font déjà petits vieux. Et vue la tronche qu'ils font on comprend aisément qu'ils ne soient pas du tout contents de monter dans ce train. Ce sont certainement des sursitaires en fin de sursis et des déboutés du "soutien de famille". Pour la plupart ils sont déjà installés dans la vie et n'ont donc aucune envie d'aller servir gratos pendant 24 mois. Certains d'entre eux, un épais dossier médical dans leur bagage , nourrissent encore l'espoir de se faire exempter.
A Alger Saïd est comme chez lui. Cafés, hôtels , restaurants affichent tous l'enseigne " ouispik tamazight " suivie du dessin du drapeau kabyle pour ceux qui ne lisent pas comme Saïd .

Campement. Contre visite médicale, boule à zéro, kouba3a, treillis, rangers, Saïd est bon pour le service.
L’instruction du djoundi Saïd connaît des ratés. Il trotte au lieu de marcher au pas. Il n’arrive pas à accorder ses pas sur ceux de ses camarades. Il a beau sautiller , il ne parvient pas à se corriger.
Il a toujours un temps de retard dans l’exécution des ordres et en plus il mélange tout . Un "yassar" au lieu d’un "yamin" , un "starih" au lieu d’un "staïd" . Le capo instructeur s’arrache les cheveux, encore faut-il qu'il en ait .
Djoundi Saïd a beau expliquer qu’il pige que dalle aux ordres donnés en arabe et qu’il essaye tant bien que mal d’imiter les autres . Rien n’y fait. Le capo dont les rangers brillent plus que la cervelle, n’a que faire d’un problème de linguistique. Sa mission est de faire marcher au pas sa section, toute sa section et pas un élément n’y échappe. Il a carte blanche de son supérieur pour user de toute la panoplie de punitions. Djoundi Saïd doit payer son " insolence". Le paquetage sur le dos il exécuta des séries de pompes en plein cagnard. Il est de corvée dans les chiottes le jour et jeté aux arrêts sans arrêt le soir. Le caporal instructeur se délecte à la vue de ce calvaire. C’est un sadique.
Djoundi Saïd peut respirer, son bourreau d’instructeur est parti à la quille.
Il a maintenant un instructeur de langue tamazight à lui tout seul, et les ordres sont exécutés avec l’exactitude d’une horloge suisse.
Il est cuistot à l’issue de son instruction, quoi de plus normal pour un kabyle. C’est un poste stratégique. Il mange à sa faim, côtoie les gradés et du côté permissions il n’a pas à se plaindre.
Saïd a accompli son service militaire avec un permis toutes catégories en poche.
Il a beaucoup changé Saïd .Il n’est plus ce petit berger tranquille jouant du pipo pour sa chérie rêvée .
Il a pris de la bouteille au contact des gens de” chez lui “. Il a été approché par des types se réclamant du MAK . Il prend conscience de son identité berbère. Il tient des discours musclés envers les dirigeants, il parle beaucoup siyassa .
Il est devenu un militant convaincu de la cause kabyle. Il est de toutes les manifs et ne jure que par Abrika. Son court séjour à l’école fondamentale ne constitue pas un handicap pour son engagement militant. Son slogan favori c’est " pouvoir assassin" . Il a à son actif plusieurs ramassages par les cars de CNS ainsi que des tabassages en règle lors de gardes à vue. Il est fier d’exhiber cicatrices et autres bosses laissées par la matraque des CNS. Bizarrement cela a donné un coup de pouce à sa carrière de militant car remarqué par le capo Abrika, il est propulsé chef de section dans son village .Saïd se voit ainsi confier la mission de propagande de la cause berbère dans les villages . Aux villageois il exposera la "plateforme d'El Kseur" et les 5 commandements, pardon les 5 revendications.

Mercredi 07 Mai 2008

La délivrance. Après cinq heures d’attente une petite voix féminine annonce un embarquement immédiat. Le mot « immédiat « était peut être mal venu , m’enfin !
N’empêche que nous nous sommes tous précipités comme un seul homme au contrôle des passeports. Ça c’est un truc qui rate jamais ! non par peur de rester à terre mais parceque ça nous fait beaucoup de bien. C’était moins drôle pour monter dans le bus qui devait nous amener à l’avion car sortant du contrôle au goutte à goutte il ne nous était pas possible de provoquer une autre bousculade. Le bus est bourré ,qu'est-ce qu'on aime ça ! du coup la compagnie est contente aussi car ça lui fait des voyages en moins. Il n’y a pas de petites économies .
Petit problème cependant . Une vieille dame ,sujette à la ghoumma ( étouffement ) voulait bien échapper à la pression de la foule et tenta de rejoindre l’avion à pied, qui il faut le dire se trouve à 5m en ligne droite . Peine perdue, elle est vite rattrapée par un chef qui lui ordonne de monter dans le bus. La vieille a beau supplier le chef : « je suis ta mère laisse-moi partir à pied mon fils, qu’Allah te préserve tes parents, qu’Allah te rougisse le visage… ». Rien n’y fait ! c’est mamnou3 .
Mohamed en route !
Par bus, la distance salle d’attente- Boeing est 20 fois plus importante qu’à pied . La consommation en carburant du bus est de 15 L au 100 et le prix du litre est de 15 D.A .
1° ) Quelle est la dépense en gasoil pour un aller-retour ?
2°) En moyenne en haute saison le bus fait 5 aller-retour pour remplir un avion .
Quelle serait la distance parcourue par le bus par jour si on se tient à un trafic moyen de 10 avions/ jour.
3°) Le chauffeur touche le smig et les frais d’entretiens s'élèvent à 20 000 D.A par mois.
a)Quelle économie réaliserait un piéton à la compagnie ?
b)De combien pourrait baisser le prix du billet d’avion ?
N.B :Les documents et la calculette ne sont pas autorisés.

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 Commentaires (Réponses) 
Note : 0/20 . Vagabond est un élève insolent , qui cherche la facilité et aime faire rire ses camarades.
Commentaire n° 1 posté par: kder(site web) le 02/12/2006 - 11:55:56

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Nom: Mr Legya

Note : 10/20

Observation : T'as bon à la première partie du problème mais t'as vraiment merdé vers la fin. Quest-ce qu'on s'en fout des chômeurs !

Commentaire n° 2 posté par: kder(site web) le 02/12/2006 - 13:01:14

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Slt,,,, je m’y colle…



1)- 02da25



2)- Mmmm g la réponse sur le bout d’la langue…lol



3)- a- Sur la base d’un B747/800 ki prend en moyenne 300 places, j’dirai ke l’économie serai de 0.33 da par jour / par avion (sur une base de 10avion/jour) / par 1aller-retour (sur une base de 5aller-retour par avion) / par piéton (sur une base de 60 passagers par bus pour un avion a 5aller-retours) C clair là ???



b- De 00 da (cela dit, il riske plutôt d’augmenter (le prix) si la compagnie doit installé des feux de signalisations pour assurer la circulation des piétons)



Ps ; Pour l’info, les prix des billets sont cher a cause de la taxe de sécurité ki ne cesse de grimper en flèche depuis les événements du 11/09…En d’autre termes disons k’ON finance le programme de lutte contre le terrorisme des ztas zuni d’amérike)


Commentaire n° 3 posté par: La bohémienne le 02/12/2006 - 13:35:14

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Nom : La bohémienne

Note : 15/20

Observation : Je n'irai pas jusqu'à mettre ma main sur le feu mais je dirai qu'on vous a vachement aidé . Néanmoins il faut que sachiez mademoiselle que nous sommes dans un cours de math et la politique ce n'est pas notre rayon.
Commentaire n° 4 posté par: kder(site web) le 02/12/2006 - 14:07:23
Héééééééééé, AYAAAHE !!! merci pour la confiance… « vachement aidé » mais je rêve !!! …..note cher ami ke mes méninges fonctionnent sans support technique…wallah, c la meilleure celle là…et sache ke j’ne me suis pas trop donner de peine en plus,j’y est a peine pensé en déjeunant…et toc…lol…non mais sérieux ; qu’est ce ki t’fé dire ça ??...En plus je maintiens ke la politique à tt a voir avec les prix cher Mr, si ça ne tenait k’au gasoil et le salaire des pilotes, on prendrai l’avion plus souvent k’le bus…le prix d’un billet d’avion dépend des ; Autorisations de survol du territoire (100% politique) - Autorisations d’escale & d’atterrissage (taxé bien entendu) devine ki les accordent et les fixent?? j’te donne un indice ; c pas tes piétons) - La taxe de sécurité ( très élevé depuis ke le risque terroriste, ki au passage est un risque écologique bien entendu, plane dans les air) - Une taxe gouvernementale (ki, cela va de soit n’a rien a voir avec la politique) et,et,et……!!! Non, Mais !!!!
Et puis tu peu m’tutoyer, au point ou en en est….





Commentaire n° 5 posté par: La bohémienne le 02/12/2006 - 16:42:43

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Nom : Bohémienne

Note : (15 - 2)/ 20

Observation: J'ai bien relu ta copie et je maintiens que la boulitik n'a rien avoir avec les math. Faut faire attention à ce qu'on dit ! Je risque des ennuis avec le ministère de l'éducation nationale , ils ont mon adresse IP .

J'ai diminué ta note et c'est bien fait pour toi et si tu rouspètes encore une fois je te foutrai zéro.

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Nom : Mkidech

Note: 20/20

Observation : Mkidech est un élève brillant qui fait preuve de beaucoup de sérieux .

Au moins lui , il ne me cherche pas des histoires. N'est-ce pas mademoiselle ?

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Nom : Vagabond

Note : 0/20 et rien de plus

Onservation: Ta note se justifie par tes nombreuses absences pas toujours justifiées .
Commentaire n° 6 posté par: kder(site web) le 03/12/2006 - 08:12:12

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Mais vous étes tous les même ma parole !!! Dis moi le nom Boutekhdimite (Alias CIFER) ça te dis kelkes chose ? Non !! ça devrai pourtant !!!… c’été mon prof de math au C.E.M .un jour ayant fini mon exam avant les autres (…la routine koi !!!) il corrige ma feuille et me la remet avec un 18/20 !!! hein !!! je repart le voir : Monsieur pour koi 18 g tout juste !!! et là il me sort un truc bidon com koi g sauter une ligne dans mon analyse, bal bla bla....bien ke tout soit logique et correcte….devant mes arguments Solide ki été ; koi s’n’est pas d’ma faute moi illa HARBA et ke mon cerveau saute les futilités… et là ne sachant plus koi dire il me sort ; Khayri (choisis) 18 wala Cifer…..devine la suite…lol



Ps ; ton -2 ne me dis pas pourkoi tu as douté de mon honnêteté ??




Commentaire n° 7 posté par: La bohémienne le 03/12/2006 - 12:15:14

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13 OU CIFR ? Khayri .
Commentaire n° 8 posté par: kder(site web) le 03/12/2006 - 13:07:11

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Vos devoirs maisons me triturent les méninges franchement... déjà je perd mes cheuveux , je n'ai jamais été bon en math et puis ma logique à moi est complètement différente elle n'obéit pas lois des espaces vectoriels, chez moi a * b ca peut donner une fleur alors a et b soient des heu...... chéppaaaaaaaa ché pluuuuuuuuu ché mallll à la tchetch

et puis franchement 15 allé et retours à pieds sa usent ça usent

15 allé retours à pied ça usent les souliers

Bassel

PS: je préfère encore le voyage en bateau y a pas de chauffeur qui dort ni de bus qui tangue ni reconnaissance de valises

PS2:ahhaaa votre problème ne s'applique pas là. nous sortant du domaine de définition de votre modèle ahhaaaa
Commentaire n° 9 posté par: Bassel(site web) le 04/12/2006 - 21:32:05

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Nom :Bassel

Note : Non noté .

Observation: Tu ne rends pas les devoirs à temps et t'as toujours besoin d'aller à l'infirmerie quand t'es en cours de math . Bassel tu resteras nul en math et tu ne feras jamais rien de ta vie .
Commentaire n° 10 posté par: kder(site web) le 05/12/2006 - 10:18:41

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hahahahaaaa

c'est exactement ce qu'avait dit, durant les années 30, un instituteur pérché sur sa chaise tenant en ses mains ses lunettes, a un certain Chadli et pourtant...

Bassel
Commentaire n° 11 posté par: bassel(site web) le 05/12/2006 - 11:41:39

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Monsieur !!!

J'étais malade, j'avais une uvéïte à l'oeil droit, je ne pouvais pas venir en cours pourtant vous savez q je vous adore.

Je peux repasser l'exam ?

Sivouplééééééééééééééé !!

;-)
Commentaire n° 12 posté par: Firenze(site web) le 05/12/2006 - 22:21:37
Bon ! va pour cette fois, tu me rédiges ça fissaâ .

N.B :Tu bénéficies d'un tiers de temps en plus à cause de ton handicap .

Elle résiste toujours cette saloperie à l'oeil?

Soignes-toi bien l'ami.
Commentaire n° 13 posté par: kder(site web) le 06/12/2006 - 11:34:54

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Terminus . Encore une fois nous sommes privés de bousculade car la descente du bus est régulée par un contrôle de papiers. Cest le 14ème contrôle depuis que nous avons franchi la porte de l'aéroport. Va falloir maintenant reconnaître sa valise qui jonche le tarmac avant de prendre la passerelle.
Logiquement tout bagage a son propriétaire et à la fin de l'opération de reconnaissance il ne restera pas le moindre cabas par terre. Eh ben aussi incroyable que ça puisse paraître ce n'est pas vérifié du tout ! Il reste encore une valise à terre alors que tous les voyageurs ont franchi le 15ème et dernier contrôle et se trouvent maintenant à bord de l'avion.
On ne décollera pas tant que la dernière valise n'aura pas trouvé preneur c'est le règlement qui le dit. Alors tout le monde en bas pour un second tour de reconnaissance de la fichue valise.On ne sait jamais ,un amnésique qui aurait retrouvé la mémoire.
J'ouvre grands mes yeux au cas où est elle à moi cette fichue valise et que je l'aurai oublié. Mais non ! je suis rentré avec trois valises pour les vacances et je repars avec une seule que j'avais reconnu dés le premier tour .Au suivant ! Au suivant !
La valise n'a pas disparu et le dernier voyageur s'apprête à faire son tour de reconnaissance .Suspense.
Nous avons le souffle coupé. Mon Dieu faite qu'il se l'approprie et qu'on en finisse . Nous avons tous les yeux braqués sur lui .On croise les doigts. Les paris sont lancés,elle est forcément à lui risque t-on à 2 contre 1. Pour avoir une idée de la tension qui règne sur le tarmac il n' y a qu'à imaginer que vous assistez à la dernière action du match où Zidane se trouve face au gardien de but . La coupe est à ses pieds ! Et s'il rate son tir ?
L'énigme de la valise reste entière, le dernier voyageur n'en veut pas.
Nous patientons au pied du boeing en prévision d'un troisième round . Les esprits s'échauffent sous le cagnard du tarmac.On est venu de loin prendre l'avion . Certains ont roulé toute la nuit tandis que d'autres avaient carrément passé la nuit aux abords de l'aéroport.
A ce niveau de la compétiton tout le monde craque , depuis les autorités jusqu'aux voyageurs.
Et puis tout à coup une soudaine agitation s'empare des agents de sécurité aéroportuaire tous les lèvres collées à un walkie talkie.Un haut gradé impeccablement sapé arrive sur les lieux accompagné d'une équipe de déminage.Le cabas vit là ses derniers instants.
Un périmètre de sécurité est formé et nous sommes tous planqués derrière un talus.Un artificier fait exploser le cabas à distance.On entend comme un petit bruit de pétard mouillé et puis plus rien.
On ne saura jamais à qui était le cabas .
Enfin tout le monde peut embarquer. L’hôtesse présente les excuses des khoutout eljawia eljazaïria pour ce « léger désagrément » mais tient à préciser que celui qui a fait le coup du cabas n’est pas un homme. Du fond de l’avion des voix s’élèvent pour dire « matkhaltich maaa ! ». Le « maaa » trahit un groupe de maâscris.
Décollage imminent. Tout le monde est prié de se la boucler et de ne pas fumer dans les toilettes. Néanmoins on peut toujours chiquer et cracher par terre, ça ne met pas la sécurité de l’avion en danger.
Phase de décollage terminée, deux hôtesses font leur apparition face aux voyageurs. Elles troquent leur joli tailleur sexy pour une tenue de circonstance. L’une est vêtue à l’Iranienne, khimar et âbaya noirs, l’autre en Afghane, Bourka et âbaya bleues.
Les deux sœurs guidées par une voix enregistrée miment les consignes de sauvetage. En cas de problème il ne faut surtout pas se bousculer. L’avion dispose d’une demi-douzaine de portes : 2 à l’avant, 2 à l’arrière et 2 au milieu, un masque à oxygène vous tombe sur la tronche et un gilet est placé sous votre siège.
Les consignes sont données en arabe en anglais et en français. Autant dire, pas 1 hadj sur 5 ne les a comprises. Dans l’avion il y a des mascaréens, des Chaouias, des zwawas et les langues étrangères ne sont pas leur fort.
De toute façon se jeter dans le vide par – 50° ça jette un froid chez les hadj d’autant plus que le suicide est un péché. Alors on prie et on accepte son destin même si c’est celui de finir en mer dans le ventre de gros poissons ou bien dans celui des rapaces en plein désert.
Bon nombre des candidats pour le titre au Paradis ne sont pas clean. En classe « affairette » ça pue la corruption. On y trouve d’ex-élus ,maires ou députés, d’ex-dirigeants d’entreprises publics , tous ex-taulards pour trafic en tout genre. Va falloir prier (très) beaucoup. Khedmou ghir el kehla comme dirait ma grand-mère.
La classe confort sent la mort. D’ex- Irhabiyinne , passés dans la blanchisserie Wiam-el-watani, y sent confortablement allongés . Convaincus de la justesse de leur jihad , ils considèrent ce voyage comme une simple formalité pour acquérir le ticket paradisiaque. Eddebbahine comme dirait ma grand-mère.
La classe économique. Ça pour être économique, c’est économique. L’espace est optimisé comme dirait l’autre. A peine un petit couloir pour laisser une hôtesse et encore. T’imagines un gros thon Maâscri, Chaoui ou Zwawi essayant de traverser le couloir ! Les voyageurs classe éco ont tout intérêt à limiter leur déplacement.
Y sont donc tassés tous les autres voyageurs qui ne peuvent pas payer un supplément « confort « ou « affairette ». Ils ont intérêt à être bons lors de l’examen de passage au Paradis s’ils veulent goûter un jour au luxe qu’ils ne peuvent se permettre sur terre.
Les classes affairette et confort sont traitées avec égard . Rafraîchissements à volonté, menu personnalisé et les couverts sont en inox. Des couteaux en métal aux mains des Ex-irhabiyinne ! Non ,tu te sens pas l’aise. Un irhabi, même repenti peut récidiver. C’est comme le pédophile face à un enfant . Dans les deux cas on a affaire à des malades aux impulsions incontrôlables.
Un rideau se lève et deux chariots surgissent à l’avant de la classe éco. C’est l’heure de casser la croûte. Tiens, on n’ a même pas senti la cuisine remarqua un hadj. La serveuse, l’hôtesse de tout à l’heure qui s’était énervée à propos de la valise abandonnée, n’apprécie pas la remarque. « On va quand même pas vous faire un méchoui ! » répliqua l’hôtesse, visiblement agacée par les clients classe éco .
Le plateau de nourriture est extra light . A croire que les hadj suivent un régime amincissant. Les couverts en plastique cassent à la moindre pression .N''empêche que le plateau est avalé en 5 minutes chronos, bismillah et el hamdoulillah inclus. La suite du repas sera un bonbon zigomar ou tue- la- tout au choix. Mais beaucoup plus tard.
Pour renflouer les caisses de la compagnie nationale, en faillite chronique, on a rajouté des sièges dans l’avion et du coup on se sent à l’étroit. Avec des fauteuils de moins de 70 cm de large, on joue du coude . On roupille comme on peut contre l’épaule de son voisin, sur ses genoux… ça ronfle particulièrement fort du coté des mascaréens et ça sent fort la chaussette de partout. Le jour se lève, l’avion ne va pas tarder à atterrir et bizarrement tout le monde sent le besoin d’aller aux toilettes. Faut surtout pas avoir la diarrhée car il y a de l’attente. Les deux sœurs-hôtesses désodorisent à grand jet l’appareil .Une voix sonore rappelle à tous les hadj dans leur langue maternelle cette fois-ci, c’est à dire en mascaréen, chaoui et zwawi qu’il est interdit de se barrer avec la couverture distribuée la veille et en particulier aux zwawas elle demande de ramasser les boites de chique vides.
« Lebbeik ellahoumma lebbeik, inna elhamda laka wa choukr, la charika lak… ». Voilà . Zéro octet de dounoubs. C’est aussi simple qu’un clic droit sur « Formater « . Nouvelle virginité, nouvelle vie. Game Over.
Désormais il faut se tenir à carreau. Les coups tordus, le détournement de deniers publics, la corruption, edbiha …tout ça c’est terminé.
Le retour se déroule sans incident. Sauf peut être cette autre bousculade devant les navettes desservant l’aéroport . Mais sans méchanceté . Se pousser , c’est notre péché mignon. On aime ça. Y a qu’à voir la franche rigolade sur les visages en ces moments là.
L’esprit tbezniss n’a pas disparu non plus. Les valises se sont multipliées tels des Gremlins. Hadj ou pas hadj , les affaires continuent. Evidemment il n’y aura pas de cabas abandonné au retour.
Ceintures bouclées, cigarettes écrasées, boites de chiques rangées. On décolle. Consignes de sécurité, bouffe, bonbons, sieste, ronflement, odeur de chaussettes. Tout est normal.
Le voyage est long et rien de tel qu’une soirée télé. Tout d’abord des dessins animés ; La panthère rose, mickey, Lucky Luke et maya l’abeille connaissent un succès fou auprès des hadjs. Vient ensuite le film de la soirée, un bon western spaghetti autorisé tout public et pour que le plaisir soit total on a même droit à un sachet de pop-corn garanti sans OGM et sans huile d’origine porcine. Luxe suprême un Pepsi en bouteille de verre. Toutes ces gâteries sont offertes gracieusement par la firme américaine Coca cola. Que dieu garde l’Amérique et la préserve du méchant Oussama.
Le héros du film est un bon qui aime la justice et défend la veuve et l’orphelin. Il demande jamais rien à personne . En plein cagnard , le chapeau baissé sur son front il fait son p’tit bonhomme de chemin sur le dos d’un cheval éprouvé. C’est le grand désert. Toi tu le sais pas , mais lui il sait où il va. Sur sa carte c’est marqué « vous êtes ici ». Il gagne toujours à la fin. Il tire plus vite que son ombre.
A un moment donné du film, on voit s'approcher le héro de la fille qu'il vient de sauver des mains des méchants . Et juste à l’instant précis où il s'apprête à poser ses lèvres sur sa bouche, son cheval se met devant cachant ainsi l'écran de la télé. Comme un seul homme les hadj se lèvent et crient :"Hue ! Hue!". Maudit cheval.
Pour la plupart, la vie normale reprend ses droits. Détournement de fonds publics, corruption , crime…Les habitudes ont la peau dure. Allez , au prochain pèlerinage.

Dimanche 04 Mai 2008


I.Le lampadaire

De petits gars qui traversent la route tout en exprimant leur reconnaissance de m’être arrêté à leur hauteur c’est plutôt bien élevé de leur part. Cela me gêna même, tellement ça me paraissait normal qu’un automobiliste puisse faciliter le passage à un piéton . Jusque là rien d’exceptionnel sauf que leur cargaison l’est. Figures-toi que les petits gars transportaient un lampadaire long de plusieurs mètres. Il y avait là une belle photo à prendre. Le poteau a été vraisemblablement déterré la veille par un automobiliste ayant un peu forcé sur la bouteille. Le spectacle insolite n’intéressa nullement les deux motards du darak planqués juste là et plutôt occupés à scruter leur radar.
Il y a des chances que le lampadaire soit déjà dans un container en partance pour l’Europe.

II.De la tête d’âne au dos d’âne

Tu te dis un périphérique vient normalement soulager la circulation automobile intérieure d’une ville et comme son nom l’indique il doit se trouver à la périphérie de cette dernière. Mais à voir les tracés de nos périphériques tu doutes si nos dirigeants et leurs bureaux d’études savent ce que signifie le mot « périphérie ». Même un tilmid de l’école fondamentale saura te dessiner d’un coup de crayon un cercle autour d’une carte.
Nos « périfs » passent en plein milieu de nos cités et leurs milliers de logements. Evidemment cela fait beaucoup de piétons sur le périf . Devant le nombre élevé d’accidents, les autorités implantent une passerelle qui reliera les cités des « 3000 » et « 4OOO » logements. C’était évident pour tout le monde ,sauf pour les décideurs, que la passerelle située à plusieurs centaines de mètres plus loin du passage « naturel » emprunté par les piétons n’allait pas résoudre le problème de la route assassine.
Qu’à cela ne tienne ! le périf est semé de ralentisseurs faisant ainsi d’une voie normalement « rapide » une voie où l’on roule « au pas ».
C’est ahurissant de savoir que nous sommes dirigés par des gens incapables de se projeter dans le temps et de nous dessiner des périphériques qui tiennent compte de l’extension de nos villes.


III. Constat au coup de boule

Un concert de klaxons, un boulevard noir de ghâchis et le tout sous un soleil de plomb.
A ma hauteur , une bonne dame excédée par la chaleur et le bruit est dans tous ses états : «On va jamais y arriver au mariage de ma soeur, je t’avais dit de ne pas prendre par là !... Endettés pour endettés t’aurais pu au moins nous acheter un Pajéro climatisé au lieu de cette boîte de sardine,mais comme tu fais toujours rayek … » . Et de temps en temps tu la vois se retourner pour pester contre les trois marmots qui ont le tort de réclamer un minimum de droit à savoir boire et descendre de cette fournaise. Le conducteur à côté d’elle, apparemment le mari, reste zen et t’as presque envie de lui demander s’il est chez les bouddhistes ou s’il prend des tranquillisants. Mais ne rajoutons pas de l’huile sur le feu.
A l’heure du GPS et du téléphone portable c’est plutôt le téléphone arabe qui nous informe de la situation de la circulation en amont. Devant, ça bastonne et ce sont deux automobilistes qui dressent un « constat à l’amiable » à leur manière. Un chien errant aurait provoqué l’accrochage entre leur véhicule.


IV. Le cimetière

Les vacances c’est aussi l’occasion d’aller fleurir les tombes des siens. Première constatation, on a du pousser les murs du cimetière pour faire de la place. C’est fou c’est qu’il peut y avoir comme morts en un an . D’un autre côté, sans être cynique, tu te dis la nature fait comme même bien les choses . T’imagines les listes de demandeurs d’emploi et de logements si un tel mécanisme de régulation naturel de la population n’existait pas ? Déjà que les délais d’attente pour les demandeurs vivants se comptent en décennies. Cela dit j’irai pas jusqu’à dire qu’il faille tuer 5 millions d’algériens pour faire l’économie de 5 millions de logements promis par Boutef.
Normalement je ne devrais pas plaisanter sur un sujet aussi douloureux qu’est la perte d’un être mais je sais que cela aurait fait beaucoup rire ceux qui m’ont quittés. Et d’ailleurs lorsque je me recueille devant leur tombe c’est plutôt les moments de joie et de la déconne partagés qui rejaillissent. Et c’est comme ça que je finis par écraser une larme.
Il y a quelques difficultés à repérer toutes les tombes des miens, l’usure du temps et le vandalisme ont fini par les faire disparaître. Des « illuminés » s’étaient sentis missionner pour détruire les tombes porteuses de photo du défunt.
La tombe d’un oncle est facilement repérable car entourée de tombes de petits enfants. Dans la famille on raconte que mon oncle, agonisant, disait voir des petits enfants autour de lui.
De son vivant la grand-mère avait simulé l’existence d’une tombe à côté de celle du grand-père en mettant un tas de terre. Peu de temps après c’est devenue sa propre tombe. Belle histoire d’amour que celle de mes grands-parents que même la mort ne réussit pas à séparer et ce après soixante ans de vie commune. Je repars avec plein de photos de ce cimetière qui abrite en son sein de nombreuses pièces du puzzle familial.


V. Idées vacances

Ah ! L’été ! Les vacances, la mer et ….l’hosto aussi. Tu vas me dire passer des vacances à l’hosto pourquoi pas après tout ? Sacré toi, rien ne t’étonne de nos jours.
La mer, la montagne ça commence à faire ringard et les agences de voyages l’ont compris. Leurs catalogues suggèrent des idées vacances allant des plus saugrenues aux plus farfelues.
T’as envie de manger autrement mais t’as pas d’idée ? Pas de problème, le catalogue te suggère la « semaine tout compris chez Macdo » pour apprendre à cuisiner. Le giga hamburger cheese-frites-milkshake-coca tout dégoulinant de sauce n’aura plus de secret pour toi.
T’es au bord de la déprime, tu t’es fait virer de ton boulot et ta femme s’est barrée avec ton meilleur pote. Pas de problème, le catalogue a quelque chose pour toi. Un séjour en pension complète dans un monastère. Au programme « abstinence et prière ».
Pour les alcoolos anonymes, une semaine d’oenologie dans une cave à vins . C’est bien pensé, tu n’éprouveras même plus le besoin de boire du vin à table.
Les amateurs de sensations fortes trouveront leur bonheur dans le saut à l’élastique par-dessus une rivière asséchée. Ils auront de belles remontées d’adrénaline lorsqu’ils apprendront, une fois dans le vide, que l’élastique made in Taïwan risque de casser à tout moment et que d’autre part leur assurance-vie ne prend pas en charge cette activité. C’est comme pour les attentats terroristes d’ailleurs mais là t’as pas l’air d’être d’accord. Moi je te dis c’est normal .Pour pouvoir toucher les thunes ta famille doit montrer à l’expert de l’assurance le cadavre et non le tas de chair fumante, c’est dans le règlement.
Dans ce même registre de sensations fortes, il y a Fort Boyard. Tu iras soulever des reptiles pas très coopératifs et autres mygales pour retrouver une clé que tu devras remettre au nain.
Dans le catalogue on n’oublie pas les enfants non plus. La pub est alléchante : « Si ton gosse ne croit plus au BEM, alors la mosquée d’Apreval à Kouba c’est pour lui ». Je t’en reparlerai de ce mignon séjour un autre jour Inchallah.


VI. La mosquée et le collégien

La mosquée « El wafa bil âhd » , c’est du sérieux ! Elle affiche 75% de réussite , chiffres à l’appui . Trois des quatre kamés passés à l’action entre le 11/4/07 et le 8/9/07 ont faits leurs armes chez Wafa.
Derrière ce succès se cache un homme, plutôt diable qu’homme, j’ai cité Imam Amine. Ce fonctionnaire de l'état mérite une belle augmentation de salaire et pourquoi pas la légion d’honneur !
Le stage se déroule en deux phases . Dans un premier temps, l’imam s’occupe personnellement de ton rejeton pour un lavage intensif de cerveau. Remarque, là tu vas me dire qu'il y a pas grand-chose à laver du moment que l’école fondamentale, même réformée, n’a pratiquement rien mis dans la cervelle des petits. C’est du W !
Prêches et halaqates le matin , visionnage de DVD l’aprèm et prière le reste du temps.
Ici ,comme tu le constates, le rythme de l’apprenant est bien respecté. L’imam peut ainsi bourrer un max les têtes pendant qu’elles sont réceptives. C’est comme pour les maths, c’est mieux de les enseigner le matin .
Faut que tu saches, toi parent, que les halaqates (débats) ça sollicite beaucoup les neurones et le stagiaire se pose trop de questions sur l’humanité. C’est pas toujours facile pour l’Imam de convaincre le futur kamé sur l’utilité de son geste. Un repenti bénéficiaire du wiam , ancien disciple de Amine et recyclé depuis dans le trafic de coke chez les nigériens, raconte avoir été le témoin d’un passage à tabac au gourdin d’un stagiaire . Le crime de ce dernier était de poser une question du genre « Je ne comprends pas pourquoi il serait de mon devoir d’aller cramer des chiites en plein pèlerinage à Bassorah et encore moins des sunnites comme moi à Dellys ? ».
Faut faire confiance au professionnalisme de l’Imam , il arrivera toujours à ses fins.
Le programme de l’après-midi , le visionnage de DVD donc, est un peu hard. Âmes sensibles s’abstenir. Ce sont des DVD importés directement de Baghdad. Ça commence comme ça. T’as le kamé dans son treillis militaire , droit dans ses baskets Nike et le klach en bandouillère , qui se présente sous un nom d’emprunt du genre Abou machin le borgne et qui jure sur le Coran de se faire exploser dans le marché aux volailles. Tu te dis c’est pas bête du tout l’idée de buter la volaille en plus des humains. Ça fera que plus de chiffre. Applaudissements dans la salle de projection.




VII. Abou Moussâb zarqaoui l’algérois

Pour ne pas trop te gaver de détails, surtout que ta patience est limitée en ce mois de ramadhan suite aux carences de sommeil,de nicotine et de caféïne, je te résume fissâa la suite du film .C’est Aljazeera, chaîne de Ben Laden et de son lieutenant Zawahiri, qui sponsorise le film depuis sa production jusqu’à sa distribution exclusive .
Belle mise en scène faut reconnaître. T’as plein écran Qaradaoui en direct avec des téléspectateurs en questionnement à propos des choses de la vie dans l’islam. Par exemple , t’as une question sur le nikah , la haya fiddine, posée par une téléspectatrice qui se plaint de l'absence d’orgasme . Ou bien cet autre téléspectateur qui n’arrive pas à bander, la haya fiddine. Dans le premier cas le cheikh propose à la charmante dame un tête à tête hors caméra et bihaoulillah il promet la guérison. Quant au vieux monsieur il lui conseille le viagra. Non , c’est intéressant. Je l’avoue.
Le journaliste vedette enchaîne les questions à la hussarde parceque le temps de l’émission tire à sa fin.
T’as envie d’entendre la suite quand soudain tu vois apparaître en rouge en bas de l’écran « âjil » c’est à dire « urgent » et l’inscription suivante qui défile : une puissante déflagration vient de se produire au marché de volailles de Falloujah. De source médicale il y aurait 201 morts et plusieurs centaines de blessés dont certains très graves. De nombreuses poules et autres pigeons font partie des victimes.
T’as beau être bête, mais là tu dis stop , on ne te prendra plus pour un canard sauvage. T’es en droit de te poser des questions sur les vrais commanditaires de tout ce bazard.
Ben Laden , Zawahiri, Zarqaoui, et autres franchisés alqaïda maghreb ne seraient-ils pas juste une invention de la CIA et du Mossad ? Sinon qu’on m’explique comment les deux superpuissances israélo-américaine sont-elles incapables de venir à bout d’hommes malades et vieillissants habitants des grottes, à supposer qu’ils existent réellement, et dont les têtes valent plusieurs milliards de dollards ? Pour beaucoup moins que ça on a vendu Saddam.
Seule certitude , le petit Nabil dit « Abou Moussâab zarqaoui l’algérois » était bien un gars de chez nous.





VIII. Amine ou Malcolm X

Les images se passent de commentaire. Un décor de fin du monde.
Dans la salle beaucoup de jeunes stagiaires font un malaise . Stress ,nausée, vomissements et t’entends même des pleurs chez les plus jeunes. Le film aurait du être interdit aux moins de 18 ans. « Massacre à la tronçonneuse » est une berceuse à côté.
Devant cette extrême sensibilité du jeune public , l’imam se devait de réagir . Il se saisit de la télécommande et appuie sur pause .
Pas de bol, l’image figée montre un corps se consumant à vif sous l’action du métal en fusion ce qui accentua la panique dans la salle . Certains stagiaires ont essayé de se barrer mais en vain. Le cheikh avait condamné toutes les issues de sortie.
Amine pousse une gueulante. Se met dans une colère noire. Le jeune public est comme tétanisé.
Cette technique de gérer l’émotion des auditeurs, l’imam l’a emprunté à des révérends noirs prêchant dans les quartiers malfamés de Harlem :" le révérend gueule, le révérend mouille la chemise, le révérend rentre en transe . Les milliers de fidèles venus l’écouter claquent des mains et chantent en chœur des « Alléluia » à faire envoler le chapiteau qui les abrite. Le public est chauffé à blanc, le public est acquis à la cause".
L’imam tout comme son donneur d’ordre Zawahiri, est aussi fan de Malcolm X. Il fait sienne la devise du chef des blacks muslims : le mouvement ( noir) n’est plus les droits civiques mais la (le) chariâ ( black power).
L’imam annonce dans la foulée et en prime time une bonne nouvelle qui devrait réjouir tous les jeunes et en particulier les harragas : « Zawahiri nous promet la reconquête de l’Espagne ! » . Et t'entends : Hourrrah! Hourrrah! dans la salle.
Ah, ça ! Pour être une bonne nouvelle c’est une bonne nouvelle ! Cela détend l’atmosphère.
Le cheikh appuie à nouveau sur pause et le lecteur DVD se remet en mode lecture.

IX. Mini-Tsunami au gouvernement

Le guendouz est formaté. La deuxième phase, pratique celle-ci, peut commencer. Ils sont dix jeunes ados à quitter la mosquée Apreval pour les camps d’entraînement « kamé » de Tizi Ouzou .
Le voyage se fait en plusieurs étapes . Deux escales techniques, pour noyer le poisson, dans des camps de transit avant d’être affectés à la section ElYamana .
Ici la formation est assurée par des anciens d’Irak avec à leur tête un certain Abou Khorchef.
Ce dernier a un CV digne d’un général américain 5 étoiles . A Kaboul, il est sous les ordres de Ben Laden et sous commandement US pour combattre les russes de Kroutchev . Après le 11 septembre 2001 il retourne une deuxième fois en Afghanistan aux côtés des Talibans mais cette fois-ci c’est pour se retourner contre ses anciens chefs américains. On le retrouve ensuite à Baghdad aux côtés de Zarqaoui pour des attentats kamikazes contre des civils dans les marchés et dans les mosquées. Son palmarès est remarqué par Zawahiri , porte-parole de Ben, qui le nomma par la suite patron de la branche maghrébine d’Elqaïda . Il aura à ses ordres les salafistes de l’ex-GSPC.
A la fin de l’instruction l’élève aura acquis un savoir-faire dans le maniement des explosifs et des détonateurs. Et ultime étape avant de foncer avec son engin de mort bourré de TNT , le kamé aura droit à une minute d’enregistrement vidéo qui sera diffusé en exclusivité par Aljazeera. Dans la minute qui suit le carnage , Zawahiri,le porte-parole d’ Alqaïda fera un communiqué , toujours chez Aljazeera, félicitant le « chahid » . La « machine de mort » est bien huilée.
Face à cette diabolique organisation, c’est un peu la foire dans les services de l’état.
Ce nième carnage déclenche un mini- tsunami au sein du gouvernement. On fait porter le chapeau des pétards à répétition à Ghalmalah, le patron des affaires religieuses. En gros c’est le bordel total dans ses mosquées et ses Imams sont tous pourris.
Mais trop c’est trop ! Le ministre n’en pouvant plus d’essuyer les coups se défend en tapant sur son collègue de l’intérieur. Il a la haine , il dira tout à la presse :« Le recrutement des kamikazes ne se passe pas à l’intérieur des mosquées mais à l’extérieur de celles-ci c’est à dire sur les esplanades et les abords , ce sont les fidèles qui me le disent » , « la voie publique n’est pas mon rayon ». Il ne s’arrêtera pas là. Il dit avoir réagi avant « tout le monde » en passant au conseil de discipline l'imam Amine pour "prêches kamikazes".
Au milieu de cette cacophonie entre les services de l’état , le cheikh lui s’est évaporé dans la nature et on apprend par la bouche même de son wazir , qu’il ne s’est jamais présenté au conseil de discipline .


X. Les urgences

Une destination de vacances qui a connu un véritable rush cet été c’est les services d’urgence des hôpitaux. Tu te dis c’est une tendance vacances, le « fantasme de l’infirmière » se vend bien .
L’aiguille ne tomberait pas par terre. Le trottoir devient une annexe à la salle d’attente. J’y dépose mon voisin. L’odeur du vomis sur la banquette a la peau dure. Les chiens errants et aussi les non-errants se lancent à ma poursuite. Je suis obligé de fermer les vitres de la voiture. L’air est irrespirable, je pince mon nez avec une pince à linge qui traînait là par hasard et je respire la bouche grande ouverte. J’accélère jusqu’à perdre la trace des chiens dans le rétroviseur. A la place je vois foncer deux motards du darak. Ils me dépassent et me font signe de m’arrêter . Ils ont l’air très méchants.
J’ouvre les vitres. Je sors la tête de la voiture et je respire un bon coup par le nez ! Le bonheur.
Les papiers de la siarra men fadlek ! Tu sais que tu roulais à 200 à l’heure !
Les deux darakis ne croient pas un mot de mon histoire de vomis et de chiens méchants . Ils me font souffler dans le ballon. Zéro gramme d’alcool. « Avec tout ce vomis qui pue à 500m à la ronde , awwah c’est pas possible, c’est certainement l’alcootest qui déconne » .
Retrait de permis sur place et cellule de dégrisement !
La prochaine fois que mon voisin tape à ma porte pour l’emmener aux urgences, je lui dirais tout simplement que je ne suis pas là. Quitte à passer pour un menteur, il n’est pas aveugle mon voisin il voit bien ma voiture devant la maison.
J’ai actuellement sur le dos un procès pour non-assitance à personne en danger, d’une autre voisine à qui j’ai refuser de l’emmener à la maternité. Je pourrais pas l’emmener accoucher même si la voiture était garée devant la maison avec le plein d’essence . J’ai plus kwaghat essayyara !



XI. Pastèque , calzone, mille feuilles …

Mon voisin, le type qui m’a vomis sur la banquette arrière et qui m’a valu le retrait de permis , est maintenant rentré chez lui. J’étais le voir. « Hamdoullah, je vais mieux, on s’est bien occupé de moi, la vérité se dit » me raconte-t-il. En fait de « on s’est bien occupé de moi », il a eu dans son malheur la chance d’être piqué par une infirmière qui se trouve être de la famille. Elle s’appelle aussi Boumaâza comme lui . Seringue sortie de son sachet, draps propres, visites à toute heure, analyses de sang et d’urine dans l’heure… El haq , elle s’était bien occupée de lui.
Plus de pastèque, plus de pizza, plus de pâtisserie, plus de …, plus de …, le médecin les lui a interdit. Sa diarrhée et ses vomissements venaient de là, le toubib est formel.
L’épidémie se répand comme une traînée de diarrhée, pardon de poudre. Toute la ville en parle. Officiellement on parle de quelques 200 à 300 personnes victimes, comme Boumaâza , de pastèque irriguée à l’eau usée , de pizza à base de viande congelée avariée et de pâtisserie faite avec de la crème fraîche pas franchement fraîche . La rue elle, annonce le chiffre de 2 à 3000 victimes. La vérité se situe entre les deux.
Les services de l’état sont mis en cause dans cette affaire d’empoisonnement massif. Les commerçants incriminés avaient tous des certificats garantissant la fraîcheur de leur produit, dûment tamponnés et signés par les services d’hygiène.
Pour calmer les esprits, le wali ferme deux ou trois gargotes et confisque une ou deux pompes à eau.
Le cours de la pastèque a beaucoup chuté, la calzone se vend mal et les fonctionnaires corrompus sévissent toujours.




XII. Les rats attaquent

Décidemment ça ne s’arrange pas du côté des urgences. Un autre mal vient de frapper, il a pour nom l’hantavirus. Il se manifeste par une inflammation des reins. On appelle ça la néphrite aigüe. Il paraît que ce sont nos amis les rats qui nous le fourguent. Ça s’attrape par inhalation. C’est dans l’air.
A moi ça fout la pétoche. Imagine tu passes par là parce que t’as besoin de voir un pote qui habite dans le coin et hop tu chopes le virus. Ah ! ça c’est pas de chance !
Faut faire gaffe aux fréquentations ! Moi je dis chacun sa place. Les pauvres et les riches ne doivent pas se mélanger. On ne mélange pas les serviettes avec les torchons comme disait ma grand’mère. Et en plus ils sont malfamés et pouilleux.
Je sais tu vas me dire qu'est-ce que moi j'étais foutre chez eux. Tu penses qu'ils sont tous vendeurs de shit et de portables volés. Eh ben non, pas tous.
Ces gens-là ne foutent rien de leur journée à part t’agresser si par malheur tu passes par là. Même les mouâllim refusent d’aller bosser chez eux, c’est pas pour dire. J'ai appris dans le journal qu'une mouâllima de leur collège s’est vue arracher sa chaîne en or, ses boucles d’oreilles en or et en prime elle récolte d’une belle balafre sur la joue. La totale la pauvre ! Déjà qu’elle avait du mal à trouver un mari, alors là c’est même plus la peine d’y penser.
Ils sont hittistes, harragas, camés, délinquants précoces, intégristes, kamikazes. Bref, ils ne sont pas fréquentables.
C’est pas sympa de dire ça des gens qui habitent la cité des 1000 logements, mais c’est la vérité. Disons –le clairement, leur quartier , en plus d’être un quartier coupe-gorge, c’est aussi des égoûts bouchés et des caves inondées.Un réservoir de rats ! ça prolifère à vue d’œil. C’est pas rare de voir ici des rats niquer au vu et au su de tout le monde. Apparemment l’air d'ici leur convient.
Ces gens là sont maudits et en même temps ils se disent des privilégiés parce qu’ils ont réussi à dénicher un logement LSP. A tout casser ils versent 50000 D.A, autrement dit rien du tout ,et le reste c’est aux frais de la princesse, c’est à dire l’argent public. Le moindre des remerciements serait que ces gens-là interdisent à leurs gosses de fréquenter les imams.




XIII. Le ministre est serein

Si jamais le rat se frotte à toi , alors là mon pote t’es foutu . Tu attrapes cette fois-ci la leptospirose. Cette maladie est encore plus redoutable que l’hantavirus. Comme tu me lis pas souvent, je te rappelle que l'hantavirus ça s'attrape par inhalation. Tu te mets à vomir tes boyaux et t'as la chiasse .
La leptospirose tue ! Et elle a tué cet été . Mais comme toujours les autorités sanitaires, désemparées, tentent de rassurer. La direction de l’hôpital fait le point de la situation à travers des communiqués laconiques. Le ministre de la santé, camouflé des pieds à la tête et munis de gants et de masque à gaz s'est rendu à l'hôpital. Après sa rencontre avec les responasables, il s'est dit serein quant à l’issue de la maladie. On connaît la musique , c’est depuis 62 que ça dure.
Quoi ? tu te poses la question sur la nécéssité du camouflage du ministre alors qu'il n'a pas été dans les chambres des malades ! Mais encore une fois je me rends compte que tu me suis pas. Rappelle-toi, les cochonneries des rats sont dans l'air ! Et la ville est en quarantaine. Quand même toi, on va pas sacrifier un ministre juste pour le plaisir de dire qu'il a osé serrer la main d'un paria! Arrête de regarder trop la parabole, tous ces ministres et stars occidentaux que tu vois aller à la rencontre des lépreux et sidatiques c'est pas vrai.T'as qu'à regarder l'ENTV et tu verras que ça n'éxiste pas. Et même si c'était vrai, c'est dangereux. Tiens, Diana.Toi tu crois qu'elle est réellement morte dans un accident de la circulation auprès de son arabe, bourrés comme des coings. Eh ben, non. La vérité, la princesse a chopé le Sida dans un orphelinat du Bangladesh. Elle prenait trop les enfants malades dans ses bras.




XIV. Le chinois raffole des chats

Le flot des malades ne cesse de croître. Les gens flippent. La psychose gagne toute la ville. Les émigrés écourtent leurs vacances et quittent la ville et ceux qui projetaient d’y venir annulent leur voyage. La ville est répugnante. Les rongeurs y ont élu domicile.
Blessée dans son amour propre, la population se devait de trouver un bouc émissaire. La vindicte populaire désigne un coupable sur mesure. C’est le chinois. Il a bouffé tous les chats et les chiens de la cité laissant libre cours aux rats. Autrement dit, chats mangés, les rats dansent !
La faute de l’étranger c’est une culture dans notre pays. Combien de fois a-t-on entendu nos dirigeants dire : « les ennemis de l’extérieur ». C’est la marque de la maison. Pourquoi le peuple lui s’en priverait-il lorsqu’il est dans la merde.
Ah ! Cet étranger qui bouffe les chats des algériens. On devrait le renvoyer chez lui.
On était tranquille avant l’arrivée du chinois me raconte ce voisin dont la femme balance les couches-bébé et autres têtes de sardines depuis le 2ème étage .Et il enchaîne :" Nos chats bouffaient nos rats et nos chinois, pardon nos chiens nos chats . Allez c'est l'heure de la prière , je vais faire mes ablutions ". Oui c'est ça, va te laver.
Mais faut reconnaître que vous êtes qu’une bande de bras cassés et si vous roulez sur des routes nickelles c’est grâce aux petites mains de ces chinois.
Allez nettoyer devant vos portes, ne balancez pas votre merde depuis vos balcons et vous n’aurez pas de rats.























Samedi 03 Mai 2008

Le générique, à ne pas confondre avec le médicament quoique les conséquences de somnolence et de vomissement sont les mêmes , semble durer une éternité. Et puis d’un coup gros plan dans ce bureau cossu sur un haut gradé de la police, tout de blanc vêtu. Au dessus de sa tête le poster jauni du raïs. Tu vas me dire qu’on pouvait quand même changer le poster pour mettre un tout récent à la place. Réfléchis un peu . Le poster jauni date d’il y a 25 ans, c'est-à-dire que la dedans le raïs est à son avantage. Jeune et fort . Quoi ? Tu préfères que je dise un quart de siècle au lieu de 25ans ! Mais je te vois venir toi , tu veux me faire dire ce que je n’ai pas dit. Là mon pote je te raconte un mousselssel massri point c’est tout. Bon je continue.
Quand soudain t’entends toc ! toc ! toc !
Hadarat, d’une voix rocailleuse ordonne de rentrer. La porte s’ouvre sur un petit bonhomme maigrichon coiffé d’un tarbouch rouge et vêtu d’une aâbiya, un plateau à la main . A le voir courbé comme ça on dirait qu’il a choppé une scoliose dans son enfance mais non c’est normal c’est un chaouch. Un chaouch courbe toujours l’échine devant hadarat . C’est une marque de respect et de soumission. C’est l’heure du thé de hadarat .
Le chaouch sert le thé et s’éclipse à reculons tout en saluant hadarat .
Le téléphone sonne. Hadarat décroche. « Sabah el foull ya maâllem, tahta amrak ya maâllem… » répond hadarat tout confus. Là tu devines que de l’autre côté du téléphone c’est un haut dignitaire , un maâllem, qui réclame un service à hadarat.
Hadarat s’éxécute sur le champ.
Impressionnant cortège de voitures de police toutes sirènes hurlantes et gyrophares scintillants se presse pour se rendre au domicile du maâllem.
Hadarat ,dans son beau costume blanc brillant de mille étoiles, saute le premier de voiture porter secours au maâlem.
La bâtisse pharaonique grouille de serviteurs noirs. Ils sont portiers, jardiniers, laveurs de vitres, cuisiniers.
Hadarat est conduit dans un immense salon où l’attendait un gros monsieur, un thon affaissé dans un fauteuil, qui d’une main il égrène un chapelet et de l’autre il roule ses moustaches.
C‘est le maâllem en personne ! Hadarat s’agenouilla devant lui et lui baisa la main.
Bien sûr si elmaâllem a fait venir hadarat c’est parce qu’il y a un harami dans sa maison. Ce dernier gît par terre , apparemment assommé d’un coup de canne asséné par el maâllem .
La victime est encore agonisante . Il s'agit d' un tout petit poisson rouge qui se tortille la queue sur le sol. El harami ,surpris par un serviteur avait du certainement faire tomber l’aquarium.
Hadarat assène quand même quelques coups de pieds dans les côtes du harami , histoire de se faire bien voir par elmaâllem , avant de lui passer elm’ssayess.
La gent féminine toutes classes sociales confondues ne raterait pour rien au monde la moindre miette de moussessel massri.
A l’heure du dit mousselssel faut surtout pas que tu demandes à ce qu’on te chauffe l’eau pour tes ablutions en vue de la prière du maghreb. Et puis merde tu peux le faire tout seul t’es pas handicapé des deux mains. Déjà que tu emmerdes tout le monde et au quotidien pour savoir si le addhan a appelé à la prière ou pas. En plus que tu ne peux plus lire l’heure parce que ta vue baisse, tu deviens dur de la cartouche, tu choppes l’Alzheimer et pour finir tu attrapes le Parkinson. Qu’est-ce que t’es lourd !
Faut que tu comprennes que l’épouse de ton fils n’est pas ton esclave, c’est ta belle fille ! Vieux, si ça continue comme ça c'est à dar elâjaza que tu vas te retrouver. Ce n’est pas parce que tu rentres la poubelle après le passage du camion qu’on se sente obligé de te garder à la maison. Alors arrête avec tes « daâwett elkhir ya benti » à longueur de journée , ça ne marche plus !
Il règne un silence de fin du monde dans l’assistance féminine quand soudain t’entends la télé cracher une voix rauque faisant grésiller le tube cathodique. C’est le maâllem qui peste. J'ai pas vu ce qui s'etait passé mais je mettrai ma main sur le feu , ça ne pourrait être qu'une histoire de mauvaise gestion de son parc immobilier ou bien un problème d'irrigation de ses terres .
Puis un calme précaire s’installe. Trois bonnes bouffées de ringuila toute fraîche viennent mettre fin au sarcasme du maâllem.
Le suspens est à son comble quand brutalement une musique assourdissante vient se superposer au générique défilant du début du moussessel. Fin de la 200 ème halka.
Les filles vous pouvez retourner à vos marmites, la suite ça sera demain même heure même endroit n’challah. A moins que le cheikh Saoûdi ,le prince Salah Ibn Salah Abdallah Ibn Abdallah Ibn Kamal etc, patron d'ART et détenteur des droits de retransmission de la coupe du monde de foot 2006 pour le maghreb , ne fasse un prix sympa à l'ENTV et à ce moment là bah* mousselssel.
Les temps sont durs pour tout le monde et l’Unique ne fait pas l’exception. C’est devenu maintenant une entreprise qui doit gagner de l’argent. Devant l’impitoyable concurrence de la parabole , l’ENTV doit absolument relooker ses programmes .
Un peu de star’ac par-ci, un peu de « akhir kelima « par-là et l’audimat explose . Mais il n’y a pas que l’audimat qui explose, les barbus aussi et ils font savoir là haut. Le MSP a officiellement protesté auprès du patron de l’Unique qui l’envoya balader. Non mais de quoi j’me mêle !
Il y a quelque chose qui t’échappe dans cette affaire de levée de boucliers des barbus et je te comprends .
Normalement quand t’es barbu t’es privé de télé car ta religion te l’interdit . Et logiquement tu n’sais rien de ce qui se passe dans « Star’ac maghreb » à l’ENTV ou dans « Rocky Sifrédo chez les thaïlandaises » à canal bliss.
De deux choses l’une, ou tu fais coucher tout le monde et tu te rinces tranquilos l’œil à la télé ou bien dans ta communauté vous avez missionné quelqu’un pour visionner les programmes TV et qui vous fait un topo imagé le lendemain . Autrement c’est pas possible que t’en parles de la Star’ac dans ses intimes détails .
T’es choqué par le comportement « déviationniste » des jeunes et par leur tenue provocante .
Ça te dresse les poils de la barbe que des jeunes filles laissent entrevoir leur string et le tatouage sur la fesse , tu détournes presque ton regard de l’écran lorsque la caméra te balance en gros plan les garçons vêtus de jeans qui leur descend sur les hanches laissant découvrir une culotte « Dim».
Tu penses avoir tout vu mais non . Le meilleur est pour la fin et comme t’es vicieux tu vas jusqu’au bout de la nuit avec la Star’ac où des scènes très intimes sont filmées en infra rouge.
Allez éteins la télé et fais de beaux rêves.
Bzzzzz ! tu es en train de regarder une Star’ac où les jeunes filles sont en hijab et les garçons en kamiss.
Tiens un programme presque 100% made in bled. Un vendredi.
Début d’aprèm retransmission de la prière en direct de la grande mosquée . Avant la prière ,le hadith. Sujet du jour "la namima". Parmi les fidèles beaucoup se sentent concernés et il y a de quoi. T’as des gens qui ne trouvent rien de mieux à faire que de s’occuper de la vie des autres, et souvent pour les diffamer. C'est pas bien. L'imam est formel, c'est jahannama khalidine.
Trois heures plus tard place au foot . Le match d’aujourd’hui oppose le gallia de mascara au WAT de tlemcen. Les maâscri se déplacent et doivent absolument arracher la victoire s’ils veulent éviter la relégation alors que Tlemcen est assuré du maintien quelque soit le résultat. Ça c’est le genre de match à vendre . Les dirigeants des deux clubs ne parviennent pas à s’entendre sur le prix.
Un match viril en perspective .GCM/ WAT c’est un peu OM/PSG , ça mobilise plusieurs compagnies de CNS pour cadrer les hooligans maâscris décidés à en découdre avec les tlemcènis.
Première minute du match, Tlemcen marque un but. Le pire des scénarios pour le gallia. La douche écossaise chez les supporters maâscris.
Tlemcen , sur un nuage, sort le grand jeu et accélère le rythme. Les poulains de Belloumi se sentant blessés dans leur dignité , jouent essabbat , le marquage à la culotte et le tirage de maillot. Le gardien de but de Tlemcen est étendu par terre victime d'un coup de boule .
L’arbitre a épuisé la réserve de cartons jaunes et rouges. Il est attendu à la sortie pour lui faire bouffer son sifflet.
Score final 4 à 0 . Tlemcen est à feu et à sang et les joueurs du gallia sont attendus de pied ferme à Mascara.
Ici Hamméto , à vous les studios .
L’Unique embraye directement sur « la petite maison à la prairie » . Là tu retrouves la douceur paradisiaque d’une famille on ne peut rêver mieux. Une prairie verdoyante , les deux enfants de la famille , deux petites filles les cheveux tenus en couette , chaussées en socquette et habillées en longue robe cueillent des coquelicots . Un petit caniche tout excité fait des allers retours entre les deux fillettes.
La maman , dont l’aspect vestimentaire fait penser à une religieuse, un tablier autour de la taille prépare un quatre-quarts pour le quatre heures . Le papa, le genre de bonhomme toujours prêt à aider son voisin, s’affaire à stocker des réserves de fourrage pour les bêtes.
Midi et soir, la famille ne manquera pas de remercier Dieu pour les bonnes choses qu’il a mises sur la table et le dimanche ils vont tous les quatre dans la cariole que conduit le papa prier à l’église du village. "Mes hommages madame" , lança le père en direction des petites dames qui le croisent, la main sur le chapeau comme pour l'ôter .
Ça nous change des hooligans maâscris.

Une page de Pub. Une ménagère est chargée de vanter les bienfaits de « Jumbo », prononcé joumbo . Non, sois pas con, c’est pas jumbo l’éléphanteau. On est pas au cirque Amar.
Jumbo est un bouillon-cube super dosé en protéines . Ça remplace la viande, paraît-il. T’en prends l’équivalent d’un kilo de viande par jour en jumbo , ça te coûte trois fois rien ! Tu imagines les économies que tu fais ?
Oui d’accord , tu ne réalises aucune économie du moment où t’auras pas dans l’idée d’acheter de la vraie viande de toute façon . Enfin , sois pas borné comme ça , c’était juste une manière de parler . T’avoueras quand même que c’est une bonne idée l’histoire de la viande en cube, enfin j’me comprends.
Ne jettes surtout pas l’emballage de Jumbo . T’as peut-être remarqué la photo d’une vache dessus. Quoi ? c’est une poule pas une vache ? Tu la gardes quand même.
Je t’expliques le mode d’emploi .
Tu te sers un bon bol de chorba dans laquelle t’as dissous au préalable un jumbo. Allez deux jumbo si tu veux mais pas plus, sinon après, ta chorba est dégueulasse et t’as mal au ventre.
Attention la suite est très technique et il faut procéder par ordre.
Tu gardes un œil sur ta cueillere à moitié remplie histoire de ne pas renverser le précieux liquide , tu jettes l’autre œil sur la photo de la vache ou du poussin , tu fermes les deux yeux , tu fais rentrer la cueillere dans ta bouche et tu t’imagines mordre une bonne bavette. T’ingurgites d’un seul trait le bouillon . Hmmm ! c’est un délice ! On s’y croirait.
Je suis assez d’accord avec toi , il faut beaucoup d’exercice et d’imagination pour arriver au résultat dont se vante la pub.
Quoi ? t’as déjà essayé beaucoup de fois et ça n’as pas marché ?
Tu penses que la fille de la télé ment à propos de jumbo ? C’est bien la première que tu dis le fond de ta pensée parce que figures-toi, on t’as toujours menti à propos de tout à la télé et t’avais jamais rien dit. Tu serais pas de mauvaise foi des fois ?
Ecoute , on arrête là. De toute façon des études ont montré qu’il y a une catégorie de gens que la pub n’arrive pas à toucher et t’en fais certainement partie . Tant pis.
Alors pour toi ça sera une chorba sans jumbo. Bon appétit quand même .
« Sayyidati ,sadati masaâ el khir » nous dit la téléspeakerine. Ce que je trouve indécent c'est que ça ne vient jamais à l'esprit du téléspectateur de rendre la politesse. Apparemment cela ne vexe pas la présentatrice qui continue impertubablement d'égrener le programme de la soirée. On retient que le film de la soirée est un Hitchcock, déjà diffusé une dizaine de fois dans la même année. C’est indémodable , on en redemande.
Pour commencer, deux spots télévisés sponsorisés par le ministère de l’intérieur , l’un sur les " colis piégés " et l’autre " ecchorti elmakhfi " .
Pour sa propre sécurité la population est invitée à être vigilante et dénoncer la présence de tout objet suspect, sachet noir ou boîte de chaussure .Ne pas hésiter à appeler le numéro vert qui défile en bas de l'écran, ça pourrait être un colis piégé .
" Ecchorti el makhfi " vient sensibiliser les automobilistes et les piétons sur les dangers de la circulation . Ça ressemble souvent à un vidéo gag.
Brass mma ce que je vais te raconter est vrai.
Une fois ,depuis la terrasse d’un café mon regard se posa sur un passage piéton ; un piéton d’un certain âge apparemment maâscri, attend tranquillement le passage au vert pour traverser. Jusque là rien d’anormal.
Le feu tricolore bascule sur un "bonhomme vert" , mais le piéton ne bouge pas . Bizarre , tu te dis . Il y a quelque chose qui t'échappe là dedans.
Quelques instants plus tard , le bonhomme vert se met à marcher vite comme dans un dessin animé annonçant le passage imminent au rouge. Et là que fait le piéton à ton avis ? Ça n’a pas raté, il se met à courir lui aussi ! Je te dis pas les klaxons et les insultes à l’encontre du piéton maâscri .
Pourquoi ça tombe toujours sur un maâscri ? Bonne question , merci de l’avoir posé.
J’en ai une autre sur le chaoui qui va chez un concessionnaire essayer une mercedes. Mais là je m’autocensure , respect de la charte de la blogosphère oblige. Néanmoins je pourrai la raconter en privé si quelqu’un en veut.
L’info c’est 3 journaux et bientôt 4 . Un premier journal en tamazight , on baisse le volume . Faut pas prendre mal , c’est parce que chez nous on pige que dalle au tamazight . Non, c’est bien de nous rappeler nos ancêtres les berbères.
Normalement on devrait pas tarder à avoir sur nos écrans un journal en tifinagh. Là aussi je dis chapeau messieurs de l’ENTV vous faites honneur à nos compatriotes touaregs. Le problème c’est que là aussi le son est coupé. Faut pas prendre mal, c’est parce que chez nous on pige que dalle au tifinagh. Non, c'est bien la diversité linguistique et culturelle.
Le troisième coup d’info est le bon. L’info en arabe, la langue de l’envahisseur islamisant. El hadj, de plus en plus dur de la cartouche, chausse ses grosses lunettes, s’empare de la télécommande et débloque le son. Bonjour les décibels. Cela fait 50 ans qu’il suit les infos sur la palestine et c'est depuis 50 ans qu'il espère palestine libre. Que Dieu exauce son voeu. Avant la télé , c’était à la radio qu’il allait à la pêche aux nouvelles. A cette époque là, el hadj avait toutes ses dents, des yeux de lynx et captait l’ultrason.
Le journal s’ouvre sur les injazat sous des salves d’applaudissements et sur la remise de clés d'apparts aux plus démunis sous des youyous . A l’international t’en prends plein la vue d’images d’attentats en Irak et sa centaine de morts quotidienne et d’autres sur les massacres perpétrés par les juifs dans les territoires occupés. T'apprends aussi qu'il y a le SIDA ,la famine, les guerres ethniques et religieuses et tas d'autres fléaux qui déciment l'Afrique.
Allez passons aux choses plus légères enchaîna le présentateur . Pour être léger c’est léger ! Il nous parle de l’équipe nationale de foot qui ne fout pas une rame et cela depuis un quart de siècle et qui vient de perdre contre le... Darfour . Il paraît que c'est à cause de l'arbitre. Moi je dis qu'il faut arrêter le foot. Mon pote lui , pense qu'il faut arrêter carrément tout le sport. Il n'a pas tort. Une idée comme ça , nos sportifs devraient plutôt évoluer dans la catégorie handisport. Faut voir, c'est peut être à leur portée.
Ahwel ettaks. La présentatrice ,la baguette à la main, montre sur la carte de grosses taches jaunes aux quatre coins du pays. ça chauffe.
Mon grand-père verrait ici le signe de la fin des temps , les scientifiques diront que c'est à cause du réchauffement climatique. Quoiqu'il en soit El hadj aura eu raison.
Pub,encore un p'tit coup de djoumbo. Et enfin place aux "Oiseaux" d'Alfred.
Il se fait tard . Fin de nos programmes sur une lecture de Coran que peu de téléspectateurs laisseront aller jusqu'à "sadaka ellahou el âdim". Tessabhou bkhir chechra.


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Texte libre

J’ai adoré Yasmina Khadra dans une interview à l’huma (Q.O 5/11) :
« … , toutes les voix ( celles de l'opposition)  se sont tues. C’est qu’on ne parle pas la bouche pleine »


L'indécence : A compter du 1er Ramadhan le salaire du député triple pour arriver à 30 patates avec effet rétroactif au 1er Janvier 2008.( Ordonnance 08-03 du 1er Septembre 2008 relative au statut du député) 

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"Il est plus facile de rencontrer les chefs de la maison blanche ou du Kremlin qu'un wali algérien" dixit  Boutef.

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Sans blague:( Presse algérienne)

Le maire de la commune de Azil Abdelkader, daïra d’El-Djazar, a été condamné, la semaine dernière, à une peine de 03 ans de prison ferme et une amende de 50 millions de centimes pour faux et usage de faux, dilapidation de deniers public...à noter, selon notre source, que le maire de cette commune a été remplacé par un membre de l’assemblée qui a été, lui aussi, condamné la semaine dernière à une peine de 03 ans de prison ferme et d’une amende de 2.000 DA par le tribunal de Barika, suite à une plainte déposée, auparavant, par le maire qu’il remplace.( le courrier d'algérie)

 

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