Les ordures atterrissent le plus souvent des airs et il est prudent de ne pas t’aventurer entre deux bâtiments, à moins de porter un casque. Il y a des chances de te voir pris entre deux jets croisés de têtes de sardines, épluchures et même de couches bébés. Tu risques de faire des rencontres pas très sympathiques du côté des caves ; de gros rongeurs bien portants les squattent et leur population augmente à vue d’œil faute de chats. Il paraît que ces derniers, prisés pour leur chair, finissent dans certaines assiettes wallahouyâalam. Si cela peut rassurer un certain blogger on le répetera pas à Brigitte .
La rue non plus n’est pas sûre. Tu peux te casser la gueule en marchant sur une merde laissée par un âne,encore lui, ou autre mule tirant les charrettes de marchands ambulants. En plus que tu es dans la merde jusqu’au coup les pompiers ne se déplaceront que s’ils ont la garantie d’être payés. Aucune assurance ne prendrait en charge les frais d’hospitalisation. Aux yeux de la loi les marchands ne sont pas responsables civilement des conneries de leurs bêtes car le code de la route ne les classe pas dans la catégorie ’"engin à moteur" donc non soumis à l’assurance obligatoire.
En ouvrant "jeune afrique" ce matin , je tombe sur cet édifiant article" la circoncision pour combattre le Sida" .
Je cite l'urologue néerlandais , Adam Groenevald à l'origine de cette "découverte" : des essais cliniques récemment effectués au Kenya et en Ouganda ont démontré l'efficacite de la circoncision , avec respectivement 53% et 48% de diminution des nouvelles infections au VIH-Sida.
L'explication est simple. La circoncision consiste à éliminer le prépuce , replis de de peau qui recouvre le gland du pénis et qui peut subir des déchirures lors des rapports sexuels, facilitant la contamination par le VIH-Sida. Soubhanallah !
Ça y est tu peux y aller, le drapeau blanc est mis en berne et le hammam « homme » est ouvert. Tu retrouves cette chaleur qui te fait oublier la rigueur de l’hiver. T’as la sensation d’être dans un cocon, à l’abri des agressions de l’extérieur. Tu relâches la pression .Tu es détendu.
Tu prends le temps de discuter avec tes voisins , de t’enquérir de leur santé. Chose dont t’as perdu l’habitude de faire. C’est la vie moderne qui veut ça .
Karkab, fota et te voilà plongé dans un bain de vapeur chaude. Le kiess te débarrasse de tes cellules mortes,tu te sens léger.
Après ça , moutchou t’enveloppe dans des draps propres avant d’aller t’affaler dans un lit douillé de la salle d’habillage. Tu piques un petit somme .Tu te sens d’attaque. Bsahtek.
Pas besoin de sortir de HEC pour bosser dans le trabendo. Tu te fais un registre de commerce « import-export », en fait c’est plutôt « import -import ».Tu travailles sur commande . Le temps c’est de l’argent , alors le soir tu traces direction alicante pour y être le lendemain .Un p’tit noir et un croissant et t’attaques ta tournée. Là aussi pas une minute à perdre, ta marchandise est déjà prête à partir.Ton associé resté sur place a fait le nécessaire. Le lendemain te voilà de retour avec plein de sacs « bleu blanc rouge » remplis de fournitures scolaires car c’est la rentrée .
Encore quelques expéditions de cabas et tu iras côtoyer les grands. A toi les containers! Après ça il ne te reste plus qu’à déposer le blé. Ton banquier te reçoit avec le sourire jusque là et te fait court-circuiter la chaîne des petites gens venues toucher le petit chèque, une avance sur les six mois de retard de salaire, que leur employeur daigna enfin leur octroyer.
Tu remarqueras aussi que tu ne passes plus inaperçu dans la ville. Les gens qui auparavant ignoraient jusque ton existence t’appellent maintenant « siflene » et te saluent bien bas !
Et là tu t’arrêtes et tu te dis: putain que c’est beau la vie!
