« 5ans d’études supérieures et l’3ilm lillah » . Constat à la fois honnête et effrayant de la part de nos jeunes diplômés. « L’université algérienne n’existe plus, il n’ y a que des murs » dira ce professeur à l’université d’Alger.
C’est la génération pas de chance. Sacrifiée sur l’autel de l’idéologie et de l’idiotie. A la croisée d’une arabisation désuète ,d’un nationalisme abêti et d’une islamisation pourvoyeuse de bombes humaines.
L’autisme des responsables ne présage rien de bon pour l’avenir de l’école . On persiste et signe dans la bêtise. Comme lors de cette commission nationale de la réforme des programmes, la CNP, pourtant créée par le gouvernement.
A la question d’un cadre de la CNP : Pourquoi attendre cinq longues années pour faire une autocritique qui doit se faire dans un année ou deux par un organisme de l’extérieur ? Le ministre dira : les réformes engagées ne donneront de fruits que dans dix ans au moins et nous ne sommes qu’au début du chemin. . C’est ahurissant. C’est du délire .
Dans la même semaine, le président de la république demandera à la commissaire de l’UE , de voir ce qu’elle peut faire pour notre système scolaire. N’est-ce pas là un aveu d’échec à toutes ces réformes de l’éducation nationale ? Devant un tel désaveu , un ministre ça doit normalement démissionner. En désaccord avec la première guerre du golf, le ministre français de la défense d’alors dira : un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne. Et il démissionna.
Mohamed est le produit de plusieurs réformes. Et de leurs échecs successifs. A plus de 50 élèves par classe, c’était pas triste. Il me racontait de ces histoires ! Ça va de la mouâllima qui se fait gifler en plein cours jusqu’à ce mouâllim qui perd connaissance suite à un coup de boule. Par peur de représailles plus que par solidarité, aucun tilmid ne témoignera. Les fouteurs de merde sont généralement des camés. Ils deviennent violents lorsqu’ils sont en manque. Racket, copiage Sinon le reste du temps ils sont tout sourire . Des élèves exemplaires.
Pour remplacer la mouâllima traumatisée par la claque , on a du faire appel à pas moins de 3 ou 4 contractuels. Ils déclarèrent tous forfait.
La bande de petits malins shootés n’avait pas trouvé mieux à faire que de réserver au pauvre contractuel une ambiance digne du stade de France un jour de finale France /Brésil. Le contractuel débarque dans la salle , les élèves se lèvent rangée après rangée tout en scandant le Holà. Ça durait et ça durait et ça durait. Evidemment le contractuel jette l’éponge dés la prise de contact. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, il est carrément viré de l’éducation nationale parce qu’il a osé manifester pour son pouvoir d’achat.
Mohamed, les garages et les caves d’immeubles il connaît pour y avoir passé tout le temps qu’il n’est pas au lycée. Ses profs y donnent des cours privés. Bien obligés. Comme tous les autres fonctionnaires de l’état, ils connaissent des fins de mois difficiles dés le début du mois. Ça coûte cher à ses parents mais le bac est à ce prix là. Bientôt les cours privés seront aussi surchargés qu’à la thanaouia. Les profs mettent en avant le taux de réussite élevé chez les cavistes et la garantie que les cours continuent même pendant les grèves.
Mohamed est mon neveu. Question études, ça roule pour lui. Inchallah, dans un an il est ingénieur télécoms. Sa mère, ma sœur, en est fière. Allah yessoutrek mel aïn ya weldi , allah ynejhek dira-t-elle à chacune de ses prières. La liste de ses doléances à Dieu s’allongeant avec l’âge de ses enfants, ma soeur passe plus de temps dans sa prière. Le sujet récurrent est la mauvaise fréquentation. Les animateurs de quartier comme elle dit. Ça va de l’imam DRH kamikaze jusqu’au pote, retraité de l’école fondamentale et recyclé dans les stups.
Mohamed n’as rien laissé de toi me dit ma soeur à chaque fois que je lui rends visite. Après son diplôme il voudrait poursuivre ses études à l’étranger . Ou bien s’engager dans l’armée. Les étoiles le fascinent. C’est pour lui synonyme de pouvoir et d’argent ! Rani baghi nessbagh’ha qu’il me dit. Son père lui, ne veut pas en entendre parler. Aux dernières nouvelles c’est la thèse de la hedda qui l’emporte chez Mohamed . Dans son dernier mèl, il m’écrit : Khali, rani baghi naâtiha !
Ce qui chagrine ma sœur c’est que son fils ne veut même pas entendre parler d’une bent âmmah pour le mariage. Il lui répond « une gaouria sinon rien » .
Et ma sœur de continuer : tu sais khouya, moi j’aurai aimé l’avoir près de moi pour voir grandir ses enfants et tout. Mais je me dis après tout, l’essentiel qu’il soit heureux là où il sera et moi lia rabbi. Et puis je m’inquiète pas pour lui sachant que toi t’es là bas. Bien sûr ma sœur que tu peux compter sur moi. "Toi t'es la bàs" ça sous entend une prise en charge totale. ça sert à ça la famille je me dis.
Si je parle de ce bout d’Andalousie c’est parce que c’est un bel exemple de réussite économique et c’est aussi la terre promise pour nos harragas. Cela devrait normalement interpeller doublement nos dirigeants. Encore une fois c’est pas sûr que ces autistes de houkkams percutent. Trop occupés à planifier leurs prochaines vacances et l’acquisition du dernier 4X4 de chez BMW .
Situé à une soixantaine de kilomètres des côtes oranaises et à l’extrême sud-est de l’Europe , Cabo de Gata est l’endroit le plus désertique de l’Europe.
Un paysage venu d’ailleurs. Il fait penser à la planète Mars où les explorateurs s’acharnent à prouver l’existence d’eau …il y a quelques milliards d’années. Rien n’y pousse. Sauf peut être le cactus.
Dans les années 70 , Hollywood tourna dans ce désert de la Sierra Nevada ses plus grands westerns. « Il était une fois dans l’ouest » c’était à Cabo de Gata.
Cabo de Gata c’est aujourd’hui une mer …de plastique. On y pratique la culture sous serre. Et ça rapporte beaucoup . Les agriculteurs espagnols se frottent les mains.
L’avènement d’eau douce en Andalousie ne fait pas pousser seulement de belles tomates qui rapportent beaucoup d’argent aux pauvres agriculteurs de jadis . Des palaces et des complexes pharaoniques pour touristes frikés poussent comme des champignons et ça rapporte même trop d’argent aux spéculateurs immobiliers. Au point où les problèmes ont changé de nature. Finie l’époque où des pauvres paysans victimes de pénurie d’eau, allaient manifester pour demander des aides de subside à leur gouvernement .Cette fois-ci ce sont des défenseurs du parc de Cabo de Gata qui se plaignent de cette explosion immobilière ! Enfin ça c’est des problèmes de riches.
Pour irriguer il faut de l’eau comme dirait l’autre . Et à force de pomper les sources finissent par se tarir. Qu’à cela ne tienne, la mer est là.
Carboneras , une ville de Cabo de Gata compte 7000 habitants mais aussi la plus grande usine de dessalement d’eau de mer de l’Europe . L’eau douce coule à flot au point où il a fallu la stocker dans des bassins de rétention.
Tout pousse même des espèces grandes consommatrices d’eau importées de régions pluvieuses . Le miracle s’est produit.
Alors devant toute cette baraka qui pousse il faut des petites mains pour la cueillir. Les agriculteurs espagnols après avoir résolu le problème de l’eau, ont besoin de main d’œuvre. Ils feront appel à des réseaux de passeurs pour leur fournir des hommes et des femmes corvéables à merci . Enfin ceux parmi eux qui ont la chance d’arriver à bon port. Ce sont les harragas.
Diable, pourquoi ça serait pas possible de faire la même chose chez nous pour nos jeunes désespérados?
L’info c’est 3 journaux et bientôt 4 . Un premier journal en tamazight , on baisse le volume . Faut pas prendre mal , c’est parce que chez nous on pige que dalle au tamazight . Non, c’est bien de nous rappeler nos ancêtres les berbères.
Normalement on devrait pas tarder à avoir sur nos écrans un journal en tifinagh. Là aussi je dis chapeau messieurs de l’ENTV vous faites honneur à nos compatriotes touaregs. Le problème c’est que là aussi le son est coupé. Faut pas prendre mal, c’est parce que chez nous on pige que dalle au tifinagh. Non, c'est bien la diversité linguistique et culturelle.
Le troisième coup d’info est le bon. L’info en arabe, la langue de l’envahisseur islamisant. El hadj, de plus en plus dur de la cartouche, chausse ses grosses lunettes, s’empare de la télécommande et débloque le son. Bonjour les décibels. Cela fait 50 ans qu’il suit les infos sur la palestine et c'est depuis 50 ans qu'il espère palestine libre. Que Dieu exauce son voeu. Avant la télé , c’était à la radio qu’il allait à la pêche aux nouvelles. A cette époque là, el hadj avait toutes ses dents, des yeux de lynx et captait l’ultrason.
Le journal s’ouvre sur les injazat sous des salves d’applaudissements et sur la remise de clés d'apparts aux plus démunis sous des youyous . A l’international t’en prends plein la vue d’images d’attentats en Irak et sa centaine de morts quotidienne et d’autres sur les massacres perpétrés par les juifs dans les territoires occupés. T'apprends aussi qu'il y a le SIDA ,la famine, les guerres ethniques et religieuses et tas d'autres fléaux qui déciment l'Afrique.
Allez passons aux choses plus légères enchaîna le présentateur . Pour être léger c’est léger ! Il nous parle de l’équipe nationale de foot qui ne fout pas une rame et cela depuis un quart de siècle et qui vient de perdre contre le... Darfour . Il paraît que c'est à cause de l'arbitre. Moi je dis qu'il faut arrêter le foot. Mon pote lui , pense qu'il faut arrêter carrément tout le sport. Il n'a pas tort. Une idée comme ça , nos sportifs devraient plutôt évoluer dans la catégorie handisport. Faut voir, c'est peut être à leur portée.
Ahwel ettaks. La présentatrice ,la baguette à la main, montre sur la carte de grosses taches jaunes aux quatre coins du pays. ça chauffe.
Mon grand-père verrait ici le signe de la fin des temps , les scientifiques diront que c'est à cause du réchauffement climatique. Quoiqu'il en soit El hadj aura eu raison.
Pub,encore un p'tit coup de djoumbo. Et enfin place aux "Oiseaux" d'Alfred.
Il se fait tard . Fin de nos programmes sur une lecture de Coran que peu de téléspectateurs laisseront aller jusqu'à "sadaka ellahou el âdim". Tessabhou bkhir chechra.
